Dernière balise avant le plongeon - Comment Certains Vivent

concert-velmaPour finir, une petite remarque sur l'état des choses en France : pour avoir tourné cette année avec Laetitia Velma (la nouvelle artiste préférée de la plupart d'entre vous, si j'en crois les commentaires énamourés glanés sur le forum), donc sur un projet émergent, autoproduit, soutenu par un tourneur émérite (Delalune, à Grenoble) mais sans soutien véritable de maison de disques, j'ai pu constater à quel point il était difficile aujourd'hui de commencer, bien plus que lorsque j'ai moi même débuté. Profusion des projets oblige, puisqu'aujourd'hui produire un disque est relativement facile, il y a, c'est mathématique, moins de place dans les médias et sur la scène. Ajouté à ça, le budget culture des gens se réduit, et on se dirige, à l'image du schéma social actuel, vers un système à deux vitesses, avec les gros poissons squattant l'océan, et pour les concerts desquels une partie du public est prête à se saigner aux quatre veines, générant des prix de places délirants, et presque tous les autres, qui restent à mariner dans une flaque. J'ai toujours pensé que le discours selon lequel la crise du disque générerait un regain d'intérêt du public pour les "vraies valeurs" du live était d'une crétinerie totale  : d'une part, parce que je ne vois pas en quoi un concert serait plus "vrai" qu'un enregistrement, en quoi faire taper dans les quenottes et beugler "ÇA VA ?!" est plus authentique que de produire de la musique en studio, et d'autre part, parce que la tristesse du téléchargement s'accommode mal du volontarisme nécessaire pour se rendre à un concert, alors qu'il y a tant d'autre choses à faire, et en premier lieu, rien, surtout quand on n'a pas d'argent. Toujours est il que les petits et moyens lieux de concerts en pâtissent, et réfléchissent à deux fois avant de programmer des groupes ou artistes qui commencent, quand bien même le niveau des débutants s'est considérablement élevé depuis 20 ans. On en arrive à cette situation paradoxale d'une production toujours plus vivace, avec un niveau général de plus en plus élevé, pour un intérêt toujours plus faible de la part du public. C'est une constatation, pas un jugement. Toujours est-il que les artistes du milieu, comme on dit les "films du milieu" selon le précepte de Pascale Ferrand, comme Bibi, sont de plus en plus rares. Et que je mesure aujourd'hui plus qu'hier la chance qui m'est donnée de faire mon métier dans de bonnes conditions.

Sur ces bonnes paroles, rendez-vous, si le coeur vous en dit, en janvier. Et d'ici là, essayez de laisser les oies et les dindes tranquilles, et bonne fin d'année à toutes et à tous.

Dominique.


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