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Pour un petit tour


Cologne, Allemagne, Art Museum, date solo, le vendredi 4 novembre (450 personnes environ) :
Etrange, évidemment, cette date solo, en plein milieu de tournée. « L’horizon » vient de sortir ici, fin octobre, sur le label francophile Le Pop, je suis venu le promouvoir deux jours début septembre. C’est une sorte de nuit blanche à Cologne, avec pleins de soirées çà et là dans la ville, et je joue dans une sorte d’auditorium aux plafonds très hauts, avec une sono limite, et d’envahissantes lumières murales que nous parvenons à grand peine à faire éteindre avant de jouer. Pascal Parisot a essuyé les plâtres, à trois sur scène, ils ont eu du mal apparemment, le son était virtuel, surtout pour le batteur, le pauvre, qui n’avait même pas de retour. Je joue assez calmement, j’ai envie de poser le jeu, et ça me réussit plutôt, j’ai encore la tournée solo d’Espagne de fin septembre bien dans les pattes ; « Les hauts quartiers », notamment, c’est con qu’on n’ait pas enregistré ça, il s’est passé un truc, je crois. Les gens réagissent bien, et après le concert, il y a une soirée française, où on voit avec sidération de jeunes allemands danser sur de la chanson française ; et vu d’ici, c’est marrant, la perception change, et on constate à quel point certains morceaux, considérés chez nous limite comme de la pop à textes, peuvent AUSSI être excitants musicalement, et faire le bonheur des pistes de danse. Rolf et Oliver, du label, passent d’ailleurs le simili tube de Pascal Parisot, « ça alors ! », qui a vraiment bien vieilli, et un nouveau titre tout aussi addictif de sa compagne Frédérique. Oui, ce soir, osons, sautons le pas : Cocorico.


Martigues, Théâtre des Salins, 9 novembre (de 250 à 300 personnes) :
Lu hier deux bandes dessinées excellentes : « J’ai tué Adolf Hitler » de Jason (éditions Carabas), petite histoire délirante et irracontable, avec beaucoup d’humour et de grands airs tristes, et « 3, rue des mystères » (éditions Cornélius), par Shizuki, un maître du manga qu’on découvre tout juste par chez nous, des histoires de yokaï, ces fantômes dans les contes populaires nippons, inventives, drôles et étranges. Des bouquins en cours, autrement, pèle mêle : « Pourquoi les poètes inconnus restent inconnus », un très bon recueil de poèmes de jeunesse inédits de Richard Brautigan, avec des fulgurances ; « Le bonheur de la nuit » d’Hélène Bessette, un auteur loué en son temps par Queneau et Duras, et oubliée depuis : une prose heurtée, concassée, un roman aux apparences d’un long poème, et qui une fois son rythme épousé, se lit d’une traite. J’ai pensé en le lisant à la scansion des poèmes de Marina Tsvétaïeva, l’impression d’une écriture comme un cheval au galop, avec les haies qui défilent. A l’opposé, « Le chant des regrets éternels » de Wang Anyi, auteur chinois, un portrait de Shangaï et de la Chine des années 30 aux années 80 via la destinée d’une femme, une écriture toute en ellipses et d’une incroyable minutie qui se lit comme un long poème là encore, ode à la mélancolie, mais dense et fluide, splendide, splendide…
Journée de train, dans lequel je retrouve avec joie mes deux copains de jeu Jérôme et Olivier, puis Martigues, lumières du sud, 20° en novembre, soleil, et concert de reprise, on va dire, les mécaniques s’encrassent vite, pas mal quand même, dans un beau théâtre, avec une affluence moyenne, mais on nous avait prévenus, ici c’est normal. J’y recroise Guillaume de Quaisoar en première partie, Guillaume qui jouait dans John, cet excellent trio marseillais émocore avec lequel nous avions tourné du temps de « Remué ». Aujourd’hui, Guillaume fait de la chanson, et c’est plutôt pas mal (album « Je suis vivant et vous êtes tous morts », bonne mélodies, belle voix), et du scénario de bandes dessinées. Le soir, « Clair Hôtel », enfin un endroit avec du cachet pour y passer la nuit, sans Z.I. en vue : le luxe.


Nice, Théâtre Lino Ventura, 10 novembre (environ 400 personnes) :
Dès l’arrivée, le ton est donné : une femme du service d’ordre monte dans le camion pour nous aider à le garer en lieu sûr. Nous sommes dans le quartier de l’Ariane, un des quartiers les plus chauds de Nice, en périphérie. Deux jours plus tôt, il y a eu des affrontements entre deux bandes rivales, et un mort. La zone est encore sous tension, et d’après ce qu’on nous a dit, ça a dissuadé pas mal de gens de venir ce soir. Malgré ça, très bonne ambiance chez Lino, les gens debout avant la fin du concert, proches de nous, au diapason du très bon souvenir qu’on avait du concert précédent deux ans auparavant à Nice. Bien, chez Dick.


Lyon, salle Molière, 11 novembre (entre 450 et 500 personnes) :
Magnifique, chez Jean Baptiste, vieille salle coquette attenante à un théâtre de Guignol (ce qui nous va), avec lustre mafflu et grandes orgues d’église sur scène. Au niveau des lumières, Didier, l’éclairagiste, n’est pas à la noce, il n’y a quasiment rien ; c’est une salle où on donne essentiellement des concerts classiques, rude à concilier avec des distorsions d’ampli guitare et des caisses claires, à priori ; au niveau son, Dominique craint la cata. Qui n’aura pas lieu, c’est un très bon concert, avec lyonnais remontés. Aiguillonné par ce satané Mellano, je jette, une fois n’est pas coutume, un œil sur la première partie, Scalde, un grand type maigre qui joue avec un quatuor. Pas très sudorifère, un poil trop bien peigné, mais de très bonnes chansons très anglophiles, bien jouées, avec du David Sylvian, du Bob Wyatt et, of course, du Mark Hollis dans l’air. Son album, « Poperetta », plus électronique, est très recommandable, comme on dit dans les gazettes spécialisées, du bel ouvrage. Après le concert, je croise Christian de Married Monk, Brigitte Giraud, Karl d’Oslo Telescopic (qui me dit le plus grand bien de Grizzli Bear sur scène), et Cyrz, avec qui j’avais passé quelques bonnes soirées en juin au Québec, et dont j’ai écouté le disque, « Un morceau de mon avenir » (Pias) tout le mois d’Août : mon disque de l’été. A part ça, je suis rincé. A l’hôtel des Tréteaux (superbe), dans ma chambre, un seau à champagne m’attend : je n’y touche pas. 


Cébazat, le Sémaphore, 12 novembre (300 personnes, peut être) :
Alentours de Clermont Ferrand, dernier soir d’un festival de chanson. Le spectre de Liévin se profile, les mains claquent molles, un peu moins sur le tard. Bien reçus, à part ça, et balance en début d’après midi un peu spéciale : David et moi rions bêtement, sous l’effet d’une eau de vie assassine, versée imprudemment dans le café. Ciel gris pour le retour à la maison, tôt le matin.
Durant la semaine, reçu de sa part le roman de Lola Lafon, « Une fièvre impossible à négocier », ce qui me fait plaisir, j’avais bien aimé son disque, le tranchant et à part « Grandir à l’envers de rien » (rien que le titre, déjà…). Interviews, le mercredi à Paris (Electron Libre, notamment, avec Didier Varrod, qui fit une de mes premières interviews pour La Grande Maison ronde en 92), le jeudi à Bruxelles. Je me sens flingué, je n’arrive pas à récupérer. Pauvre biquette, si tu picolais un peu moins…
Lundi, je repars sur Paris, pour quelques interviews, dont Melting Pop sur Direct 8, durant laquelle je me suis bien marré avec Jeanne Cherhal ; Christophe Quilien, auteur d’un livre passionnant sur l’histoire des 40 ans de Rock et Folk (et, partant, de l’histoire de la pop music telle que vécue par chez nous), est là aussi ; Caroline, compétente animatrice, denrée rare à la télé, me l’offre. Sur cette tournée, je reçois des livres et des disques tous les jours. De plus, j’en achète ; « La vie ne suffit pas », comme dirait Cali (titre de son DVD ; bien vu).

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