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Pour un petit tour


Antony, le mardi 21 novembre, Festival Chorus des Hauts de Seine, Théâtre Firmin Gémier (350 personnes au début) :
Le matin, séance de travail avec Bertrand Richard, pour le compte des éditions Textuel, pour un bouquin concernant ma pomme, à paraître si tout va bien à l’automne 2007. Textuel édite de superbes livres (biographies, portraits, poésie, philo, sociologie, photos…), et le courant entre Bertrand et moi passe très bien. Un coup de RER sur les coups de 15 h, et je retrouve mes camarades à Antony, dans une belle petite salle, avec de la vieille pierre au mur, plus salle de théâtre que de concert, comme on s’en apercevra vite. Didier, aux éclairages, loupe une marche ; il ne sait pas encore que c’est une entorse et qu’il va jongler toute la nuit. Rendez vous avec Yvan, de CCV, pour faire le point sur le site, un petit verre dans une brasserie, ah ça c’est du luxe, repas, et Mansfield. Tya commence, toujours aussi bien ; comme avec Arman Méliès, le fait de savoir que des gens de cette valeur là ouvrent est rassurant, on se dit qu’il n’y a pas maldonne entre les deux parties de la soirée. Ambiance dissipée, cela dit, entre nous dans les loges, parfois, les concerts sont des miracles ; en l’occurrence, nous sommes vite rappelés à l’ordre par le son ; je l’avais senti en balance, et Dom Brusson aussi, tout ça est bien trop fort, mais, le croirez vous, on n’y peut rien, la pression acoustique sur scène est telle que n’importe quel son un peu offensif agresse les premiers rangs ; pas une salle faite du tout pour des concerts rock. Si, si, rock. C’est rude. On fait moins les malins après le concert. Quoique…


Paris, mercredi 22 novembre, Le Bataclan (1500 personnes).
Trouve enfin le disque de Sibille Baïer, réédition, dont la presse rock fait grand cas, de chansons folk qui dormaient depuis 30 ans, par une jeune actrice allemande (après écoute et réécoute, pas de quoi fouetter un chat : le coup classique du disque repêché des eaux, avec une belle histoire à la clé, qui induit une surenchère critique); en profite pour racheter, avec une pointe de mauvaise conscience, des disques de vieux (The Cure, « Seventeen seconds » et « Faith », et le fantastique premier album de Lloyd Cole and the Commotions, « Rattlesnakes », rééditions gavées d’inédits loin d’être tous indispensables). Puis, rencard avec Charles, Sandrine, Jérôme, d’Olympic Disk, et Dominique, pour évoquer la possibilité de réaliser un album live, enfin, dans ce monde de téléchargement sauvage et de budgets resserrés; c’est pas gagné mais on va s’accrocher, j’y tiens. Interview pour France 3, dans le patio de mon hôtel parisien fétiche, le bien nommé Eldorado, dans le 17ème, rue des Dames, pas loin de Place de Clichy, puis balance au Bataclan. C’est vide et beau. Un autre rendez vous après, pour un autre projet, un disque de reprises, à voir, deux bières, puis direction la salle, un type m’alpague pour me vendre des places, je gagne les loges, Arman Méliès empile ses brillantes boucles, et c’est à nous, et c’est un moment merveilleux, en suspension, avec des gens qui portent. Après, on traîne, blablabli blablabla, tant de visages, connus et nouveaux, les citer tous serait en oublier, mais on ne traîne pas, pas tant que ça, on a connu pire. On refait juste le monde à l’hôtel avec Dom et Didier, dans une chambre vieillotte dotée d’un maigre mini bar.


Rennes, jeudi 23 novembre, L’Antipode (plus de 500 personnes) :
On devait jouer à la Cité, centre ville, mais merde, pas assez de locs, repli sur l’Antipode, aux pieds de barres HLM. L’équipe est sympathique, ça rattrape tout. Demain, Joey Starr joue ici. Des lycéens viennent m’interviewer, caméra au poing, mais damned, on a oublié de leur filer une cassette ; du coup, on fait ça avec un portable. Le soir venu, Psyckick Lyrikah, alias Arm, Mellano, et Robert le Magnifique, déploie avec force son hip hop surréaliste devant des rennais qu’on a connu plus réactifs. Même topo pour nous, et je sens bien que je ne suis pas dedans, je rame, mais au vu des réactions d’après concert, ça ne s’est pas trop senti. La salle se vide, alors que les suisses de Disco Doom égrènent leurs romances noise devant un public peau de chagrin, et pourtant, ce son, bon dieu qu’ils ont, ce son…


Fontenay-Le-Comte, vendredi 24 novembre (150 personnes) :
De bon matin, passage obligé chez un des meilleurs disquaires indépendants de France et de Navarre, qui tient, vaille que vaille, Rennes Musique, où j’achète notamment le triple (TRIPLE !!! De nos jours !) album de Bruno Green, « The blue void trilogy », un très bon album autoproduit en trois volets, donc. Bruno Green, qui a produit entre autre le deuxième Miossec, « Baiser », a réalisé pas mal de disques sous son nom, et sous le nom de Santa Cruz, notamment, des disques très américains. Jusqu’alors, je trouvais ça bien, mais sans jamais me sentir vraiment concerné, du fait d’une fixation un peu envahissante à mon goût sur Tom Waits. Il a désormais renoncé à un chant éraillé un peu forcé, et du coup, je trouve qu’il s’est trouvé, et que toutes les influences semblent enfin digérées, et pour ainsi dire dépassées. Un bonheur n’arrivant jamais seul, j’achète aussi « Birds of my neighbourhood » de The Innocence Mission, une pépite de coton mélodique, qui fait mentir les cieux exécrables sous lesquels nous faisons route pour la Vendée, direction Fontenay-le-Comte, petite ville de 20 000 habitants, et pourtant doté d’une bonne salle. Bon accueil, nourriture excellente, nos ventres sourient, comme dirait Mellano. L’après midi, à nouveau, rencontre avec des lycéens, lycéennes plus exactement, et leurs profs, pour une conversation à bâtons rompus sur mon métier de saltimbanque ; étonnamment, elles me posent plein de questions sur le rapport vie publique/vie privée, et c’est bien vu. L’une d’entre elles rougit jusqu’aux oreilles en me demandant si bon euh enfin c’est pas trop prétentieux tout ça que de se produire sur scène, et toutes rient aux éclats devant sa témérité, et elle a raison, la demoiselle, ô combien… Et elle se paie, cette prétention, le soir, devant une maigre affluence, assise, comme souvent, et bien assise. Juste avant le concert, Dom Brusson entend derrière lui une dame demander à voix haute « Mais enfin, Dominique A, c’est une femme ou un homme ? », et il frémit ; on s’en sort quand même, tant bien que mal, avec les honneurs, standing ovation, comme tous les soirs, si je peux me permettre de me la jouer encore davantage, à part, bien sûr, dans les salles debout, qui ne sont pas légion sur cette tournée. Mais c’est dur, ce genre de concert passé à convaincre plus qu’à proposer, me bouffe toute l’énergie. Je récupère doucement après le concert, tout en ingurgitant de lourdes Pina Colada avec « les » Arman Méliès, dans un bar où seul un couple tue le vendredi fontenaisien, sur fond de techno prisunic, et écran télé géant sous la piste de danse. Allumée, la télé, et vide, la piste, évidemment.

Double actualité en 2018 pour Dominique A avec la sortie le 9 mars de Toute Latitude (enregistré en groupe), suivi… https://t.co/yDLXhmjieX
RT @sochaux_lapin: Billets déjà pris pour 2018 : A pour Dominique A, B pour @bellesglasgow et @phoebe_bridgers 😀 https://t.co/UdScfgKvaU
RT @BELMONTBOOKINGS: On April 15th @MrAdrianCrowley is opening a special sold out show of Dominique A. @CCertainsVivent at magnifique Cité…
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