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Pour un petit tour


Cergy, samedi 26 novembre, Auditorium de l’Institut Polytechnique (250 personnes) :
Au dessous d’un pont, une banderole, et mon nom de vedette dessus en caractère gras ; ça fait bizarre, penser à tous ces gens qui passent en bagnole sous le pont et qui voient ce nom là, et doivent se demander de quoi il retourne. Nous tournons et retournons dans Cergy avant de trouver ce bien bel, et bien trop grand évidemment, auditorium, aux piliers penchés rouges. Je croise Ignatus, qui accompagne Ludo Pin, en première partie. Nous donnons un bon concert, nous essayons de faire mentir la solennité du lieu, le velours bleu confortable des sièges ; pas à dire, le set n’est pas très adapté pour des concerts assis, contrairement à la tournée précédente en 2005, et dieu sait qu’on va pourtant encore en bouffer du fauteuil post dinatoire cet hiver. C’est comme ça, l’essentiel étant de ne pas se focaliser sur ça. Après le concert, je retrouve des rémois (de Reims) marrants, qui m’avaient moult fois interviewé pour une radio Férarok, pas vus depuis longtemps, et signe un autographe pour une sympathique fan espagnole de la région de Murcia, apparemment venue exprès sur Paris pour le Bataclan. Des fois, la ferveur des gens me laisse pantois. Elle me dit que sa mère se prénomme Dominica, prénom rare par chez elle. Dans le camion qui rentre sur Paris, je suis ivre, et nous regardons le DVD du live du Bataclan que Stéphane Douillard, stakhanoviste de l’enregistrement live, nous a passé ; pour une fois, je vois ça avec plaisir, je trouve que ça se tient bien, et ça me renforce dans la conviction qu’un live s’impose. Dans l’euphorie, je parviens à convaincre la plupart de mes camarades de m’accompagner aux Noctambules de Pigalle, où officie depuis des lustres, chaque soir, l’incroyable chansonnier Pierre Carré, banane impeccable au vent, costume rouge immaculé, beau sourire triste et doux, et voix de stentor déroulant immanquablement son « Angelica Sérénade ». Je regagne à 5 heures ma chambre d’hôtel, un air niais sur le visage.


Bruxelles, lundi 28 novembre, Cirque Royal (600 personnes) :
Quel bel endroit. J’y avais vu Arcade Fire, ce concert dont le souvenir est toujours aussi vif. Bien entendu, compte tenu de la faible affluence prévue ce soir, le Cirque, qui peut accueillir jusqu’à 2500 personnes, a été reconfiguré, et les sièges sont, encore une fois, de la partie. Polar commence, puis Peter Von Poehl -dont j’ai acheté le très bon disque l’après midi même, en passant par Caroline Musique- embraye, pour un concert sur la pointe des cordes, les notes comme des flocons tombés sur scène. Ce n’est pas un grand soir, nous sommes un poil trop appliqués. Les mines réjouies des gens après nous rassurent. Nous finissons à l’Archiduc, bar mythique du centre. (Une BD lue hier : « Chaque chose », de Julien Neel (Gallimard, collection Bayou, dirigée par Joann Sfarr), très émouvante variation sur le thème de la filiation).


Ludres (banlieue de Nancy), mardi 29 novembre, Espace Chaudeau (350 personnes) :
Salle nouvelle, tristounette. Des officiels passent dans l’après midi, pour jauger leur « nouvel outil ». Pas assez de monde en prévision (tiens ?! surprise…heureusement, je ne m’y fais pas), des sièges sont installés dans la fosse. Trois interviews, encore, dans l’après midi, et aujourd’hui, c’était pas le jour, trop picolé encore hier, et cette partie de tournée s’achevant, les nerfs lâchent. Mais bon, une fois dans le bain, un vrai moulin. Le soir, Arman Méliès regagne les loges, pas très content de lui, il s’est vu jouer sur scène, je crois, le pire truc qui puisse se produire pour un musicien face à un public. Comme à Cergy, comme pour faire mentir le concert tristounet de fin de semaine qui pointe son nez et rattraper hier, on envoie la sauce, portés par un excellent son de scène dans une salle qui sonne par ailleurs très bien, et les gens, finalement, sont bien là. On se permet un petit Contrejour, dans l’euphorie, comme l’autre soir, à Cergy, je crois, avec Va t’en, histoire de marquer le coup. Dure nuit pour David, qui n’avait pas bu de vodka depuis 10 ans. Tard, on le vit errer près des échangeurs, à un km de notre hôtel.


Saint Nazaire, samedi 2 décembre, le V.I.P. (400 à 450 personnes) :
Retrouvailles des troupes pour le bouquet de fin d’année, dans une ville où, m’a-t-on dit, sommes attendus. Du temps d’Auguri, il y a 4 ans, nous avions donné un concert mémorable, pour nous en tout cas, ici, dans un grand hangar sur les quais, devant 2000 personnes (c’était gratuit). Lui aussi dans la zone portuaire (toujours plus exotique qu’une ZI…), le V.I.P. est, ô joie, un club, où les spectateurs sont quasi contraints de rester debout. Dans l’après midi, Charles et Sandrine d’Olympic nous rejoignent, pour encore avancer sur le projet de live. Pas simple, les temps sont rudes, le saviez vous ?, mais tout le monde a envie que ça se fasse, alors croisons les doigts. Pas de première partie ce soir, la nuit est à nous. On a déjà joué plus en finesse, et un poil plus précis, mais l’endroit est plaisant, les gens timides mais chaleureux, et le côté « petit dernier de la série » nous motive. Trois rappels, avant de retrouver d’anciens camarades, de tournée, ou de lycée, et le prévisible feu d’artifice éthylique, égaillé de pas de danse.


Après, c’est comme un vide ? Non, car il y a la vie à côté, qu’il est bon de retrouver sans la fracturer en permanence, la disséquer en petites pièces isolées, cette vie dépendante de la voracité des tournées, qui voudraient tout lui enlever, mais elle résiste, dieu merci, elle résiste. Et puis, d’autres kilomètres à avaler, d’autres planches à brûler se profilent, pas si loin. En espérant que le public ne nous fera pas le coup de la peau de chagrin cet hiver, parce que là déjà, c’était pas toujours la baraka niveau fréquentation ; rien de calamiteux ni de déshonorant, mais le signe possible d’un essoufflement de la part des gens, l’idée que peut être une retraite scénique temporaire s’imposerait par la suite. Encore faudrait il en avoir le courage. Pour l’heure, trop de bonheur avec mes camarades de camion, envie d’une rallonge. Qui se passera, elle, peut être de commentaires.
Bonne fin d’année à vous, et tant qu’à faire, pourquoi pas avec The Innocence Mission, décidément splendide, entre les feuilles ?
Et pourquoi pas aussi en lisant et relisant la poésie hantée et crépusculaire de Wallace Stevens, poète nord américain de la première moitié du 20ème siècle, et dont l’éditeur José Corti a eu la riche idée d’assembler les dernières œuvres récemment (« Avant de quitter la pièce »).
Prenez soin de vous.

 

 

Double actualité en 2018 pour Dominique A avec la sortie le 9 mars de Toute Latitude (enregistré en groupe), suivi… https://t.co/yDLXhmjieX
RT @sochaux_lapin: Billets déjà pris pour 2018 : A pour Dominique A, B pour @bellesglasgow et @phoebe_bridgers 😀 https://t.co/UdScfgKvaU
RT @BELMONTBOOKINGS: On April 15th @MrAdrianCrowley is opening a special sold out show of Dominique A. @CCertainsVivent at magnifique Cité…
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