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Le carnet de Dominique A / Anciens billets / Rapport d'inactivité #4
Rapport d'inactivité #4
29/05/03
Quelqu'un à dit " Rock critique frustré " ? Pas tort. Cela étant, c'est tellement au compte gouttes que ça s'écoule, ces disques là, que si ça peut aider, un par ci, un par là… Parce que, hein, soyons un peu misérabilistes, c'est pas Byzance, l'indie world, de nos jours, moins que jamais et si peu d'élus… 10 ans ont passé, et toujours en être là à seriner son monde avec Smog et Daniel Johnston, hein, vous vous direz ça, ne mentez pas. Oui, désolé, mais ils sont toujours bons, et toujours confidentiels, ceci n'étant pas la conséquence de cela, même si, on est d'accord, majoritairement, les gens ont des goûts de merde, ils écoutent ce qu'ils mangent, ça va de soi, quand on peut éviter de sentir se creuser l'écart entre ce qu'on a et ce qu'on aurait pu avoir, ne nous privons pas, on ne va pas s'emmerder avec de belles choses.

Non, non, la leçon n'est pas finie même si, je dois avouer, ce mois-ci, je rame un peu, pas grand chose à vous donner. Un petit souvenir récent tiens, peut être, ça mange pas de pain, c'était les vacances, sur une petite route d'Irlande, j'avais embarqué quelques vieilles cassettes rapidos, le premier Tindersticks (de l'eau a coulé…), un Murat (de l'eau vous dis-je, un fleuve en crue ; il est bon de savoir qu'il me conchie, il m'épate et m'amuse toujours) et un best of de Leonard Cohen; et là , la lumière, dans les impressionnantes vallées jadis vantées par Sardou, j'ai entendu " Suzanne ", comme il y a quelques années, j'avais entendu " Amsterdam ", entendu pour dire reconnu, comme lorsque l'amour déboule et se porte sous vos yeux ébahis sur une vieille connaissance. L'évidence aussi a ses absences, ça peut durer…
Après coup, c'est vrai que ça écrase pas mal de choses, malheur aux disques qui passent juste après, les plus méritants font bien ce qu'ils peuvent, l'impression persiste un moment qu'on a entendu de la musique auparavant, quand le reste n'est que mikado, assemblage de notes, sur des objets reproduits mécaniquement industriellement. Il y en a si peu de la musique, dans le monde de la musique pop. Moi qui vous parle, et puisque j'ai une réputation de modestie à entretenir, je n'ai pas l'impression d'en avoir fait tant que ça jusqu'à présent dans quelques chansons, oui, çà et là, j'ai la prétention de penser que ça y ressemble, que j'en ai fait des fois, c'est déjà ça, tout le monde ne peut pas en dire autant, mais pour X " morceaux efficaces " comme on dit toujours, combien de musique, comme quelque chose qui serait là depuis toujours, qu'on puisse isoler du contexte dans lequel ça a été fait et presque de la personne de la personne qui l'a fait, quelque chose qui promet sans rimer l'enfance, l'establissement ?
Pas bézef, pas bézef. Pas que pouic, mais pas bézef.

Galerie Petit Vampire Le mois dernier, je me suis avancé, j'allais vous parler de bandes dessinées. Mais ça n'est pas simple. Majoritairement, la BD, je pense, vous vous en contrecarrez, et si non, je vais vous causer de choses que vous connaissez. Un peu comme si concernant la musique et apparenté(s), je vous disais " j'ai découvert une chanteuse formidable, PJ Harvey ". Remarque, pas de mal, je viens de faire le coup avec Leonard. Donc remballons les scrupules et faisons le prof (ah j'adore ça, finalement, dire que j'ai tout fait pour y échapper, c'est encore mieux avec les têtes blondes pas en face de soi) à destination de ceux que ça intéresse mollement, ceux qui mâchonnent nonchalamment le chouine en matant par la fenêtre la petite pépé ou le beau gars qui passe dans la cours, après s'être pris un averto chez le sous-dirlo. Donc, les enfants, commençons simple avec un des principaux représentants de la génération Association (l'Association est une maison d'éditions fondée il y a 12 ans et qui a sévèrement dépoussiérée la BD mondiale, avec en son sein pas mal d'auteurs majeurs de la BD autobiographique, type Marjane Satrapi), le très prolifique Joann Sfar, un génie, qui vient, entre 43 autres sorties simultanées, de publier chez Delcourt jeunesse le cinquième album " Petit Vampire " intitulé et là, vos yeux vont quitter la fenêtre, " Petit vampire et la soupe de caca ". L'argument : dans la maison des morts où le petit Michel se rend toutes les nuits en pyjama orange pour retrouver et jouer avec son copain Petit Vampire, le monstre Marguerite, scatophage, a préparé son plat favori, la soupe de caca. Comme il pète un peu trop fort, il réveille les morts du cimetière qui viennent réclamer à corps et à cris qu'on leur offre le thé. Qui dit mieux ?

A voir : l'excellent site décalé de Jade comix
Une courte anlyse de "Petit vampire va à l'école" sur Des Bulles Bizarres



 
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