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Le carnet de Dominique A / Anciens billets / Rapport d'inactivité #4
Rapport d'inactivité #4
29/05/03
 

Galerie Céfalus Deuxième client, " Céfalus " de Ludovic Debeurme (édition Cornélius), dont les premières planches ont été pré publiées un temps dans le magazine les Inrockuptibles, et qui retrace la quête initiatique et surréaliste d'un être à deux têtes amoureux d'une vierge énucléée, avec un graphisme qui évoque parfois Topor et Moebius, et des atmosphères de fête foraine fantastique et de feuilletons du début du XXème . Les visages et les attitudes sont formidablement expressifs, la construction est brillante, et le tout touche, centre cible. Un autre livre de Ludovic Debeurne vient de sortir, autobiographique celui-ci, " Ludologie ", tout aussi réjouissant quant au trait et un poil plus convenu sur le fonds (sur le mode Zob bite couille, assez prisé en BD)
Galerie Quelqu'un va venir Enfin, (oui parce que sinon le jour va se lever et on n'aura pas dormi), aussi poétique que Céfalus, mais moins débridé, l'adaptation, sans doute un petit tirage aux éditions Six Pieds sous terre, d'une pièce du norvégien Jon Fosse, auteur de théâtre contemporain, par Pierre Duba : " Quelqu'un va venir ", avec une vraie étrangeté, des aquarelles magnifiques en parfaite adéquation avec le texte, répétitif et obsédant, qui aurait pu s'appeler la compagnie des spectres, mais déjà pris.

Il ne fait pas de BD, lui c'est un nouvel auteur de fiction, un gars très avenant, que j'avais rencontré aux Nuits de la Correspondance de Manosque, Jérome Lambert, et qui sort incessamment sous peu, il me l'a envoyé, merci Jérôme, " Tous les garçons et les filles ", son premier livre, chez l'École des loisirs, Collection Medium, à priori pour adolescents, mais si vous êtes à lire ma prose, vous n'êtes pas tout à fait des adultes. Un garçon découvre qu'il en aime un autre voilà le topo, et c'est un lent mouvement de révélation, avec des glissements tout juste perceptibles, de l'incrédulité à l'acceptation, un bel ouvrage, qui donne envie de fouiller dans la littérature pour peaux acnéiques. Pour la petite histoire, Jérôme Lambert va publier un roman aux éditions de l'Olivier qui va s'intituler " La mémoire neuve ". C'est marrant, j'avais vu ce titre repris sur une couverture de TGV Magazine il y a quelques mois, pour illustrer un article sur Jane Birkin. Laquelle aujourd'hui me propose de lui écrire quelque chose. Et Claire Denis qui veut me faire jouer. Et le film de Marc Recha sélectionné pour un certain regard à Cannes (voir une critique sur le site du Monde). Eh oh, n'en jetez plus. Vous me voudriez moins de bien, si vous m'aviez vu deux soirs plus tôt à Liège, Belgique. Invité par mon camarade et allié Sacha Toorop à une soirée de soutien pour une belle et antique salle de spectacle liégeoise en difficulté, le cirque des variétés, où se produisit il y a quelques hivers déjà Buffalo Bill lui-même, durant sa tournée européenne (il faisait ça à la fin de sa vie, BB, il mettait en scène ses exploits). Je suis passé jouer quelques reprises, juste après la performances des travelos liégeois mythiques de Mama Roma, et c'était bien minable, les gens s'en foutaient, caquetaient ferme, j'avais déjà trop picolé, j'espère qu'aucune personne même bien intentionnée n'a enregistré ça, encore des horreurs sur le net, après je ne sais plut trop, je me revois un moment debout sur le comptoir du bar et puis derrière, à servir des bières aux gens, avec un barman marrant avec des bacantes en guidon de vélo, sans doute un rescapé du Buffalo Bill Show, et un autre l'œil noir, nettement moins bien disposé à mon égard.

Dans l'après-midi, la même journée, jour de liesse, muguets et flonflons, j'ai vu un bon concert sur une petite place de Liège, un big band d'handicapés mentaux. Le premier morceau sonnait étonnamment comme du Ethiopiques N°4 la suite était plus classique mais peu importe, ce qui faisait le concert, c'était leur énergie et le sourire indéboulonnable de trois d'entre eux qui venaient à tour de rôle se pointer à l'avant scène pour marquer le tempo sur un woodblock, danser du ventre maracas en main, ou toaster en esperanto, hilares et déchaînés. Liège est une ville incroyable, avec une énergie bien particulière, qui peut soit vous tirer vers le bas (c'est une ville pas très riche, sur endettée, où on n'aime pas trop ceux qui sortent du rang, s'extraient de la galère), soit vous renvoyer une sensation très forte de chaleur humaine. Je n'y étais pas retourné depuis les répétitions pour le deuxième disque de Françoiz, et je n'attendrais pas 20 à 30 000 jours pour y traîner mes guêtres. God Bless You, Liège, God Bless You, Vous, Until le mois prochain.

 

 

 

 
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