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A part ça, quid de ma vie de forain? Quelques concerts, de ci, de là; tantôt en solo, comme au festival de Rodolphe Burger, "C'est dans la vallée" (VOIR SET-LIST ICI),
dans le Haut-Rhin, région d'enfance du Kat Onoma en chef, et où chaque
année, il s'ingénie courageusement à proposer une programmation pointue
dans une région en pleine bérézina socio-économique dont, comme d'hab,
les fascistes font leurs choux gras; tantôt en groupe, avec le plaisir
de constater après près de deux mois sans jouer ensemble que notre
équipée repartait au quart de tour, les mécaniques intactes, comme à ce
concert de chauffe à La Luciole d'Alençon (VOIR SET-LIST ICI), avant le Primavera Sound
barcelonais, où nous donnâmes donc notre -provisoire- ultime concert;
folie des grandeurs oblige, quand un festival marche, les organisateurs
avaient troqué la riante colline de Montjuic des éditions passées
contre un hideux parc olympique, jouxtant une station d'épuration. Pas
vu grand chose, pas pris le temps, hormis l'amusant concert de Psychic T.V., étonnamment presque rock basique, Genesis P.Orridge exhibant fièrement sa poitrine nouvellement acquise, et la pantalonnade New Order
(jusqu'à quand cette supercherie va-t-elle durer ? comment peut-on
jouer aussi mal après tant d'années ? Cela nécessite-t-il un
entraînement spécial ? Barney Summer sait-il qu'il a un homologue vocal
en France en la personne de Nic Sirkis ? qui dira enfin que le Grand
Duc est nu, comme l'enfant dans le conte d'Andersen ?). En comparaison,
Human League (HUMAN LEAGUE!!!!!!!!), puisqu'on nous les a tous
ressortis du freezer, sonnait presque agréablement (il chante,lui, au
moins).
Il faut dire que, par contraste, j'avais vu la lumière deux fois en concert, à quelques jours d'intervalle, aux fameuses Nuits Botaniques bruxelloises. D'abord avec Antony,
lorsqu'après avoir lancé une gentille vanne, sans prévenir, il attaqua,
encore que le mot soit on ne plus mal choisi compte tenu de la
délicatesse qu'il y met, "Hope there's someone: je crois que voir en
direct Nick Drake chanter "Riverman", ou Brel "Les Marquises", ne
m'aurait pas fait plus d'effet. Après, il a aussi interprété avec son
groupe d'une précision et d'une subtilité affolantes sa mirifique
ballade "The Lake", qui ouvre son dernier trois titres et que vous
pouvez écouter sur son site; puis il nous a salué en agitant
comiquement sa menotte, son petit sac vert bien serré contre lui.
Puis, il y eût Arcade Fire
au Cirque Royal, et sincèrement, depuis Suicide il a un lustre, je ne
me souviens pas d'avoir été à pareille fête à un concert. C'était beau,
ça m'a renversé, j'ai seriné mon monde avec pendant des jours, triste
le lendemain comme après la coupe du Monde 98, vous vous rappelez,
quand tout le monde croyait à la réconciliation nationale... Ils
étaient là, avec leur euphorie en accords mineurs, comme incrédules
face à la foule qu'ils avaient drainée, et c'est le meilleur moment
peut être, voir un grand groupe dans l'antichambre du succès, ils sont
galvanisés par ça, ils sont inquiets en même temps, on sent qu'ils
sentent que ça leur échappe, et ils résistent, et cette résistance
ferraillant avec le don de soi, c'est magnifique à voir. Drôle
d'alchimie, l'état de grâce.
J'ai revu Andrew Bird aussi, avec son batteur, qui énergisait subtilement son set sans sacrifier à sa musicalité; quand ils ont joué "Exit",
j'aurais voulu disparaître, pouf, et j'étais fier aussi, bien sûr. Ils
sont repassés deux jours plus tard par Bruxelles, et et il était 4
heures du matin bien sonnées quand nous avons débocuhé la bouteille de
Vieille Prune.
Galerie Photos
Crédits : Emmanuel Rouault
Fier, aussi, comme un bar tabac, pour reprendre une expression chère à
mon copain Brusson, l'autre soir à la Cîté de la Musique, Paris, aux
côtés de Bashung, à jouer "La vie ne va pas jusqu'au bout";
morceau qu'imprévisiblement, comme souvent chez lui, il avait choisi
pour son thème, je pense, pour le côté Bo Diddley de sa boucle, et le
débit des mots qu'il trouvait adapté à son phrasé. Pas vu le moment
passer.
Bon début d'été à tous, sous le soleil, bien en dessous.
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