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Pour finir, deux chansons qui éclipsent
un peu, c'est peu de le dire, leurs albums : Divine
Comedy, "Our Mutual Friends "
dont j'ai déjà causé, grand
prix du final arrache larme, et, soyons fort "
Les Gens Absents" de Francis Cabrel,
une magnifique chanson avec là aussi un
beau final de cordes, plus modeste, une voix rentrée,
à la croisée des chemins entre Gérard
Manset et les Tindersticks (oui). Bien
d'ailleurs le Manset, 10 franches coudées
au dessus du Jadis et Naguère de triste
mémoire, avec notamment la chanson Le langage
oublié, qui renvoie aux grandes heures
de Matrice et Lumières.
 
Pour vraiment finir, je
ne dirai rien, pas un mot de trois albums auxquels
j'ai eu le plaisir de participer, Vincent
Delerm, Mobiil et Philippe
Poirier, je ne dirais même pas
le plaisir que j'ai eu à les écouter
finis, parce que le plaisir quand on y est convié
ça ne se fait pas d'en parler.
Je ne vais pas m'étendre trop sur les
livres, d'une part parce que se serait inconfortable,
d'autre part parce que j'en parle avec difficulté.
De tout ce que je lis, je constate que ce qui
m'attire le plus, ce sont les livres à
tendance autobiographique, qui ne s'en tiennent
pas à relater les faits, mais qui mettent
l'histoire de l'auteur en perspective avec une
généalogie, avec l'Histoire, ou
avec des histoires qui lui sont extérieures,
quand l'auteur interroge son identité ou
éclaire des évènements traumatiques de sa vie en s'appuyant par exemple sur les traces
laissées par d'autres auteurs. Comme dans
Sarinagara de Philippe Forest
(Gallimard) et À la recherche du voile
noir de Rick Moody (Editions
de l'olivier), où une partie de l'histoire
individuelle est questionnée chez l'un
par un haïku, chez l'autre par une nouvelle,
et par les évènements à l'origine
de ce haïku et de cette nouvelle. Une quête
de sens et de soi également à l'œuvre
dans L'éblouissement des bords de route
(Verticales), dans un tout autre registre, puisque
là ce sont les motels et centres commerciaux
des grandes périphéries urbaines
aux USA, qui servent de révélateurs.
Très différents dans leurs propos
(le dépassement de la perte d'un enfant
avec le Japon en toile de fond chez Forest, un
mal être dont les sources sont puisées
dans un meurtre commis 3 siècles plus tôt
par un ancêtre et qui décide par
remords de se voiler le visage chez Moody, la
sanctification des zones commerciales périphériques
comme vitrine d'une mystique de la banalité
et du conformisme chez Begout) comme évidemment
dans leur style ces trois livres m'ont marqués.
Il y en a d'autres mais ce sont ceux d'écrivains
morts, et il est bon de rappeler qu'un bon écrivain
ne l'est pas forcément.
En BD je conseille expressément à
ceux qui ont un gros train de retard avec Jiro
Taniguchi pour cause de blocage avec
le trait manga de faire un sort à leurs
a-priori en se ruant sur Quartier lointain,
Le journal de mon père et L'Orme
du Caucase chez Casterman. Ce sont des histoires
bouleversantes, où il est question de retour
sur soi, d'enfance et d'adolescence meurtries
par des mystères familiaux, et qui se dévoilent
20, 30 ans plus tard, et d'amour qu'on peine à
recevoir et à donner au moment idoine.
L'adéquation entre le dessin, très
virtuose, et le texte (dialogues justissimes)
est totale, et c'est magnifique; s'il faut sortir
l'île déserte de son placard, alors
oui, j'y ferai une place de choix à ces
livres là.
J'aurais pu parler un peu de ciné, ou du
concert d'enthousiasmant de Jeanne Balibar
que j'ai vu hier soir au Trabendo, mais je dois
m'en aller, mouiller ma chemise avec Philippe
Katerine et mes comparses sur la scène
de la cité de la Musique.
En route vers la gloire, ou vers la débandade
? réponse ce soir.
Gavez-vous bien de saloperies diverses de fin d'année
et à l'an prochain.
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