Dans le cadre de deux soirées du festival des Nuits de la Correspndance de Manosque consacrées à Dominique A
- Lecture de Pierre Bergounioux
- Chanson inédite inspirée de Bergounioux
- Lecture de Stig Dagerman
- Tutto va bene
- Lecture de Dominique Fabre
- Je suis une ville
- Lecture de Marina Tsvétaiéva
- Tu vas voir ailleurs
- Lecture de Richard Morgiève
- Pères
- Lecture de Milena Jesenskà
- Antonia
Message posté par JC sur le forum :
Dominique A est venu à Manosque à l'invitation
d'Olivier Adam qui est le directeur artistique des Nuits de
la Correspondance. Olivier Adam, qui est aussi un jeune romancier
passionnant dont je recommande vivement la lecture, connaît
fort bien la chanson d'ici et fait le pari de donner des cartes
blanches à des chanteurs. Dominique A a accepté
le principe, très inquiet à l'idée de
lire - la peur de "sa voix de curé" explique
en boutade son ingénieur son. Il était très
tenté par cette expérience qu'il avait déjà
esquissé sur l'EP "L'attirance" en mettant
en musique un texte de Milena Jesenskà. Au départ,
il s'agissait d'une lecture de trente minutes sur fond de
boucle. A l'arrivée, c'est un spectacle de plus d'une
heure mêlant
lecture et chanson. Un des plus émouvants qu'il m'ait
été donné de voir.
Le café provisoire est une salle très
très petite (jauge de 100 je dirais) mais Dom A
a refusé de jouer au théâtre car -
sa classe est dans tous les détails - il ne voulait
pas laisser penser qu'il s'agissait d'un concert. Seul
sur scène, dans le dispositif "solo tour"
- il a alterné chansons et lectures en les liant
systématiquement. Il a d'abord commencé
par lancer des boucles sur lesquelles il a posé
un texte de Pierre Bergounioux. L'oeuvre de Bergounioux
lui a inspiré une chanson inédite qu'il
a enchaîné. La voix assurée, la diction claire, la violence des boucles
se marient avec une pertinence implacable. Des textes
de Stig Dagerman puis "Tutto va bene" que je
n'avais plus entendu depuis longtemps : la magie opère.
Il lit alors un extrait du dernier roman de Dominique
Fabre qui porte sur "son quartier" qu'il enchaîne
logiquement avec "Je suis une ville" , puis
des poèmes de Marina Tsétaïeva suivis
d'une version dépouillée (sa voix était
particulièrement belle) de "Tu vas voir ailleurs".
Le sommet de cette création est sans conteste la lecture d'un extrait de "Mon petit
garçon" de Richard Morgiève. Un moment
de grâce absolu. La salle en lévitation, les
plus faibles (dont j'étais) en larmes à l'audition
de ce texte bouleversant d'un père qui rend hommage
à son fils. Je n'ai plus trop de mots là, d'autant
qu'il a fait suivre ce texte de "Pères" qui
est la chanson que je préfère je crois. Bon.
Un de ces moments qui nous justifient. Que dire d'autre sans
être à côté ? Le concert se termine
par des textes de Milena Jesenskà en hommage à
la source puis "Antonia" puisque le texte de cette
chanson a été inspiré par un roman de
Willa Cather. Il présente alors un à un les
livres, avec une chaleur qui donne envie de les lire toute
affaire cessante et explique ses choix. Le premier soir, Richard
Morgiève était dans la salle, très ému
par la lecture du Dom sans doute transcendé par la
présence de l'auteur. Le second soir, il repris le
même ordre en ajoutant en "rappel" une version
très drôle de "Les chanteurs sont mes amis"
devenue "Les auteurs sont mes amis". Il dédicace
ce titre au romancier Arnaud Cathrine qui lui a soufflé
l'idée. Voilà. Je ne suis pas très éloquent
mais je crois qu'il s'est passé quelque chose d'important
ces deux soirs. Le Dom était ravi et avouait avoir
"très très envie de continuer dans cette
direction". Je le souhaite vraiment. Ecoutez "Mon
petit garçon sur France Culture vendredi, vous entendrez
un homme. Rien qu'un homme oui mais tout un homme.
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