Concerts

Newsletter CCV

 

Arnaud Cathrine : déformater les choses

 

 

On peut alors parler de similitudes au niveau de l’approche de l’écriture, au niveau des influences.
Oui voilà c’est ça. Alors après on peut certainement répertorier certaines maisons d’éditions, genre Verticales, POL, Minuit, l’Olivier, voilà ce sont des éditions où l’on est sûr qu’il y a plus de gens qui cherchent là que… dans d’autres (rires). Et comme la Mairie ne nous parachute absolument personne…

Arnaud Cathrine - © Claude GassianC’est carte blanche pour vous aussi.
Carte blanche dans la mesure où aussi les salles sont pleines. Mais le public est très curieux, il vient d’Aix, de Marseille, de Manosque, de toute la France, et depuis 10 ans, les deux Olivier ont appris à aiguiser la curiosité des gens. Donc maintenant dans la petite salle du théâtre qui fait 120 places, on sait que l’on peut mettre un premier roman absolument inconnu, on sait qu’il y aura du monde.

Pour vous il a des écrivains, des chanteurs qui sont absents du projet Fantaisie Littéraire ?
Pour les écrivains, on peut difficilement déplorer une absence dans la mesure où ce n’est pas nous qui avons choisi. De toute façon cela aurait été horrible et super arbitraire de choisir des auteurs dans la mesure où aujourd’hui on en a invité quarante fois dix (dixième anniversaire du festival pour rappel), donc on a donné carte blanche aux chanteurs. On leur a suggéré des choses quand ils nous le demandaient, mais ils ont eu carte blanche. Après au niveau des chanteurs il y en a deux - trois qui n’ont pas pu répondre à notre commande parce qu’ils étaient surbookés. Y’avait Miossec et Murat, qui sont deux personnes importantes pour nous, qui n’ont pas pu se libérer.

Frère Animal C’est vrai qu’à la vue du tracklisting ils auraient eu leur place ici.
Ah ben carrément ! Après je comprends, ils avaient autre chose à faire, ça s’est mal goupillé, ce sont de petits regrets, mais bon voilà d’une façon générale, on est super content de la liste.

On continue dans les analogies et similitudes entre le monde littéraire et musical, est-ce que pour vous le travail littéraire est beaucoup plus solitaire que l’écriture dans la musique ?
Oui c’est un travail plus solitaire, c’est évident, même si on a des éditeurs comme j’ai la chance d’avoir puisque chez Verticales et à l’Ecole des Loisirs je bosse avec mes éditeurs mais c’est avant tout un travail solitaire. Après, ce que je constate, et je pense que le festival de Manosque a contribué à ça – je le dis d’autant plus librement que je ne suis pas à l'origine du festival – c’est que le fait de faire se rencontrer des gens issus de disciplines artistiques différentes, ça donne des envie aux auteurs. L’auteur tend à être de moins en moins seul en fait. Et ça je le constate au premier chef puisque suite à mes collaborations cinématographiques et musicales, je ne pense qu’à ça : collaborer avec des gens qui ne font pas partie de ma discipline initiale. Et je vois à force de voir passer des auteurs à Manosque et de leur proposer de les mettre sur scène, en création pas forcément en rencontre, je vois qu’ils y prennent goût. Quand je vois Olivia Rosenthal qui maintenant bosse avec Robert Cantarella le metteur en scène… y’en a plein qui tout d’un coup s’inventent une présence sur scène, comme je suis en train de le faire avec Florent Marchet pour Frère Animal, et qui sont du coup de moins en moins seuls, travaillent en duo. Par exemple pour Frère Animal on est quatre sur scène, et je me remets à la musique, je me remets à chanter… Tout d’un coup on sort de notre truc. Olivia Rosenthal, dans ses performances sur scène, elle n’a plus de texte devant elle, c’est une performance de comédienne. Et elle est romancière. Donc en tant qu’auteur, on est de moins en moins seul parce qu’on multiplie les collaborations, et parce qu’aussi il y a aujourd’hui de plus en plus de festivals pour accueillir cela. Je dirai même des salles car quand je vois la petite tournée que l’on est en train de monter avec notre tourneur pour Frère Animal, et bien c’est étonnant, mais on voit des théâtres nationaux ou des salles rock qui accueillent volontiers Frère Animal qui n’est ni un concert, ni une pièce de théâtre, mais qui est un peu tout cela à la fois.

Quelque chose d’hybride.
C’est complètement hybride. Et je sens que les gens, que ce soient le public ou les programmateurs, ils en ont tellement marre des trucs formatés qu’ils veulent bien faire le pari de «  tiens allez venez chez nous, on va voir ce que ça donne votre truc hybride ».

Après une sortie il y a quelques mois quel regard portez-vous sur le projet Frère Animal (tournée prochaine, dont une date à la clôture du festival Les Correspondances de Manosque) ?
Je suis super heureux. De toute façon je voulais faire une pause dans l’écriture. Et revenir à la musique qui est mon premier amour…

Frère Animal - © Matthieu Dortomb Ca permet de se régénérer ?
Carrément. Ca fait dix ans que je publie. J’ai beaucoup produit. Je sentais que j’avais besoin de m’arrêter un peu et de mûrir. Personnellement je me l’autorisais moins mais Florent sentait bien que j’avais besoin de revenir à la musique. Donc on a monté Frère Animal. Au début, on s’est dit qu’on allait faire une petite présentation à Paris et puis ça s’est terminé par le Café de la Danse, puis les Bouffes du Nord, puis une dizaine de dates en province, puis un tourneur intéressé, et puis voilà, maintenant je suis au chant et au clavier. Donc le regard que je porte là-dessus, c’est juste que, je ne me l’avoue pas trop, mais j’attendais juste la bonne personne pour me remettre à ça. Et puis l’autre regard plus général que je porte, c’est que l’on est presque fier, au risque d’être immodeste, c’était un projet tellement hybride que c’était difficile de fédérer les gens. Finalement les gens ont misé, ils ont vraiment parié et voilà et ça se vend bien, et on aura fait 20-25 dates pour un projet un peu ovni. Bon on a vachement bossé, on a tracté sur MySpace (rires). Florent a bossé sur la composition et la réalisation comme un taré, sans compter ses heures, puisque c’est quand même un double album si l’on compte le minutage. Mais on est récompensé. On a fait la création à la Roche/Yon, puis y’a eu deux trois dates comme ça, puis y’a eu le Café de la Danse, et on a été récompensé, tout le monde était debout à la fin, on s’est dit… (soupir) on a pas fait ça pour rien. On a discuté pas mal avec le public aux Francofolies après le spectacle, et les gens nous ont dit « on en a raz le bol des petits trucs de variétoche, là ça raconte une histoire qui nous concerne ». Bon je vais pas nous dresser un trône non plus, mais on sent que cela a un écho, chez nous, chez les autres. Déformater les choses. Les gens, ça ne les choquent pas du tout qu’un écrivain se mette à chanter tout d’un coup, au contraire. Ceux qui n’apprécient pas ne m’en parlent pas vous me direz… En fait y’a un esprit franco-français que je n’aime pas du tout qui est en train de changer, c’est-à-dire ce que vous disiez, le côté « chacun dans sa case ». Ça, ça tend à changer. Et comme moi j’aime pratiquer des choses différentes, et bien je suis plutôt content.

RT @popnews: C'est toujours un plaisir de retrouver Dominique A, et en plus pour deux disques en 2018 ! https://t.co/waWAgNM7Zj @WagramDigi
3hreplyretweetfavorite
Rendez-vous le 24 mars à @lasirene17 de La Rochelle pour le coup d’envoi de la tournée de Dominique A. Plus de 20 d… https://t.co/ZKEvqA6GoM
23hreplyretweetfavorite
Dominique A en tournée ce printemps, dans la foulée de la sortie de l’album « Toute Latitude ». #joiehttps://t.co/ImQuyPTfpN
© 2017 - Comment Certains Vivent