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Arnaud Cathrine : déformater les choses

 

Joesph d'Anvers Vous avez écrit pour Joseph d’Anvers également dans son dernier album (Les jours sauvages). Comment ça se passe dans ces cas-là ? C’est lui qui vous propose quelque chose, c’est vous qui prenez les devants ?
Tout est parti de son précédent album avec le titre « En ville ». Oh c’est une jolie histoire, une lectrice m’a envoyé un mail un jour et qui me disait « j’ai découvert un chanteur sur la compil CQFD des Inrocks, allez voir sur son blog, vous allez avoir une surprise ». Donc j’y vais et je découvre que Joseph vient du même coin que moi, dans la Nièvre, et il me cite dans son blog comme étant un auteur qu’il aime bien. Donc je l’ai contacté tout simplement, pour lui dire que la chanson de CQFD est vachement bien. Puis on s’est rencontré et voilà. Il m’a dit « on vient de la même région, on a le même trajet, partir de la Nièvre pour aller à Paris et  essayer de faire quelque chose de nous-même… Peut-être y’a quelque chose à écrire là-dessus ». Et donc je lui ai écrit « En ville ». Et puis pour son second album il m’a redemandé un texte, « Le bât blesse ».

Dans ces cas, collaborer à la musique ne vous donne pas envie ?
Non non même si j’ai des bases, je serai bien en peine de composer quoi que ce soit même si j’ai un passé de musicien amateur. Je n’ai pas le talent pour ça. Autant reprendre un peu de claviers et chantonner avec Florent, je me le suis finalement autorisé parce qu’il m’a fait comprendre que j’avais deux trois compétences – mon grand-père m’a appris le piano quand j’étais ado-, je l’ai fait avec la fragilité d’un auteur qui le fait, autant en matière de composition je ne prétends à rien… Mais c’est pas grave, faut pas chercher.

Tout sera comme avant Sur le projet de Tout sera comme avant auquel vous avez participé pour le titre « Revenir au monde », quel a été le retour de cette expérience ? Et par rapport à la discographie de Dominique A vous y êtes entré par quel biais, au tout début, période un petit peu minimaliste de La Fossette, ou aux albums plus étoffés d’une époque plus récente ?
Je suis arrivé avec la Mémoire Neuve. Cela m’a semblé extrêmement singulier, au début cela m’a décontenancé, j’étais avec quelqu’un qui écoutait beaucoup ça, et puis j’ai creusé l’affaire, j’ai remonté le fil, et puis après j’ai suivi. Le chanteur mythique en France pour moi, c’était Murat, et puis j’en ai trouvé un deuxième, Dominique. Florent est extrêmement doué également, et je suis sûr qu’il réalisera un trajet comme ça. Évidemment on peut citer Manset aussi… Mais, même s’il s’en défend par humilité ou par je ne sais quoi, et là je parle en tant qu’auteur et lecteur, j’ai rarement vu quelqu’un qui écrivait aussi bien que Dominique. Je lui ai d’ailleurs toujours dit que ses textes, c’était de la littérature. Et lui s’en défend, c’est sa petite coquetterie modeste. Comme beaucoup de gens, je déplore assez souvent l’indigence des textes dans la chanson française. Je m’en réfère toujours à Barbara, Ferré… en espérant que quelqu’un vienne les concurrencer, et je pense vraiment que Dominique les concurrence. Et après y’a sa voix, les arrangements, la composition… c’est quelqu’un qui cherche, qui se remet en question. Donc j’étais très content de ce projet soit chez Verticales, c’était une très belle expérience qui d’ailleurs est née à Manosque.

Oui c’est ça, une carte blanche lui avait été consacrée.
Voilà, il avait joué deux soirs, c’était plein à craquer. Et le premier soir, on avait eu une discussion avec Olivier Adam et lui où on lui disait que l’on était beaucoup influencé par la musique, par lui entre autre, et lui nous répondait pareil à propos de la littérature, et le projet « Tout sera comme avant » est né là. Le soir même il avait transformé les paroles des « Chanteurs sont mes amis » en « Les auteurs sont mes amis ».

La faute à Fidel Le projet cinématographique de « La faute a Fidel » qui a peut-être été un peu plus mis en avant médiatiquement que vos précédents travaux dans ce domaine vous a-t-il ouvert de nouvelles perspectives ?
Et bien là je suis actuellement en train de préparer un film. Oui c’est vrai que j’ai collaboré à pas mal de scénarios depuis 5 – 6 ans, et c’est vrai que le cinéma m’influence beaucoup dans mon travail notamment pour « Sweet Home ». Je me suis dit que ce serait bien que ce livre retourne au cinéma. Et donc j’ai écrit un scénario, j’ai obtenu une aide du CNC, tout le monde m’a dit « il faut que tu le fasses ». Donc je suis en train de préparer ça avec Christophe Chiesa, qui est un jeune réalisateur, avec qui j’ai déjà écrit. Ensuite le fait est qu’au cinéma, on ne peut jamais trop savoir, y’a un producteur qui va faire un montage financier, et puis après on verra si ça se fait, mais voilà la perspective.

Sweet home Dans une interview vous disiez que vous aviez commencé à douter dès lors que vous aviez pris conscience qu’il y avait un public qui vous attendait. Est-ce que l’on peut expliquer par ce biais-là le fait que vous vous soyez un peu tourné vers des projets collectifs ? Ou est-ce qu’un travail collectif c’est la somme de plusieurs savoir-faire, ou simplement est-ce l’attrait de l’inconnu ?
C’est un peu tout ça en fait. C’est vrai qu’à la fin du spectacle de Frère Animal les gens nous disent qu’ils ont senti que quelque chose se passait sur scène entre nous quatre. Moi je n’avais jamais connu ça avant. En plus c’était un projet plutôt difficile qu’il a fallu porter à bout de bras. Mais c’est vrai que quand le concert se termine, on se regarde tous les quatre en se disant « wouha ». Il se passe quelque chose de très fort et très beau. Après 10 ans de publications, avoir seul mon nom sur la couverture, c’est très bien, je suis très content, mais Frère Animal, ce n’est pas la même chose, je voulais deux noms sur la couverture. Je voulais changer d’horizon, et puis surtout faire ça avec quelqu’un. Tout comme sur l’affiche de Frère Animal y’a Florent Marchet, Arnaud Cathrine, tout comme il y a Valérie Leulliot et Nicolas Martel, nos noms sont ensemble, j’avais envie de ça. Mais mon nom seul, j’ai eu ma part du gâteau, je m’en resservirai à l’avenir, mais là j’ai eu ma part. Ça part d’une envie de travailler avec les autres. Frère Animal c’est un projet qui ne se représentera peut-être pas deux fois, donc j’ai vraiment envie d’en profiter.

Ce n’est pas une peur du quotidien ?
J’assume très bien de publier des livres tout seul, de jeter des textes, d’avoir des pannes d’écriture, ça c’est le quotidien, ce n’est pas un chemin de croix, c’est pas grave. C’est juste une envie de travailler avec des gens, et pour cela, il faut attendre, faire les bonnes rencontres. J’avais vraiment envie de ça. L’expérience de la scène aussi est quelque chose qui me tient à cœur, même si j’ai tout à apprendre, même si je suis fragile. Je ne veux pas radoter, et je sais qu’en littérature y’a un savoir-faire qui peut s’installer. On peut refaire la même chose plein de fois. C’est peut-être dû à ma production, et avec « Sweet Home » et « la Disparition de Richard Taylor », j’ai très bien ressenti qu’il y avait quelque chose qui se refermait. Je pourrais le refaire indéfiniment, mais à quoi ça rimerait ?

En savoir plus :
Le site officiel d'Arnaud Cathrine : www.arnaudcathrine.com
Le Myspce de Frère Animal, avec les dates de la tournée : myspace.com/frereanimal
Le site du festival des Correspondance de Manosque : www.correspondances-manosque.org
La maison d'édtion du Bec en l'Air chez qui sort Fantaisie Littéraire : www.becair.com
 

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