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Dominique A à Barcelone

Le 23 janvier, au terme d'une tournée espagnole en groupe, nous croisons Dominique A. La discussion s'engage à bâtons rompus et tourne inivitablement sur l'Espagne : le succés rencontré, le son dans les salles... Dominique et toute son équipe paraissent alors très heureux de cette épopée hibérique et regonflés à bloc. Durant l'interview audio, vous pourrez écouter trois extraits* du concert du soir à l'Apolo de Barcelone : La Musique, Valparaiso, et le Courage des oiseaux.

*les titres lives sont des extraits bruts en sortie de console




Retour sur la tournée en Espagne

CCV : C’est ta première tournée en groupe en Espagne ?
Dominique A : Non non non.
CCV : ah raté. !
Dominique A : Raté ! On a fait ça plusieurs fois en groupe. La dernière fois, c’était avec le groupe du live en fait. On avait fait cinq, six dates. On avait fait Madrid, Barcelone – on avait joué là d’ailleurs, on joue toujours à l’Apolo – Santiago de Compostelle, Gijon et je sais plus...
CCV : je croyais que t’étais toujours venu en solo…
Dominique A : Non, mais là j’ai un peu bataillé parce que j’en avais un peu marre de venir là en solo, y’avait un parfum de redite. Déjà je vais retourner en Allemagne en solo, surtout pour des raisons financières, bon, ça me fait chier. Après bon voilà… des raisons de sous, de disponibilité aussi parce que David n’était pas disponible. Pour moi c’est important au bout d’un certain nombre d’années de ne pas venir dans le cadre,d’une formule au rabais ou d’un truc qui est « faute de mieux ».
CCV : Ce n’est pas le solo en soit qui te gêne, c’est plutôt le fait de ne pas avoir quelque chose qui n’est pas conforme à ce que tu viens de faire jusqu’alors ?
Dominique A : C’est surtout le fait d’être déjà venu de nombreuses fois en solo qui laisse à penser que tu ne peux qu’officier que comme ça. C’est une imitation. C’est toujours le même son. Je mets un point d’honneur à faire des tournées un peu différentes, alors si je reviens chaque fois sous la même forme, c’est frustrant… Surtout qu’il y a une vraie histoire ici. Sur les concerts il y a toujours eu au moins autant de gens dans les salles, et même là je dirai qu’il y en a même plus,

Similitudes et différences entre le public espagnol et français

CCV : Quels sont les similitudes et les différences entre le public espagnol et français ?
Dominique A : Le public espagnol est globalement moins sur ses gardes, spontanément plus réactif et enthousiaste.
Dominique A : Comme si t’étais à Paris tous les soirs en fait…
Dominique A : (rires) Y’a une exigence au niveau du son qui est moins forte. Certains espagnols le reconnaissent eux-mêmes. Ils sont moins exigeants sur les conditions, le son… sauf si c’est vraiment pourri t’en entends parler. Après il y a un côté très enfantin dans le rapport après les concerts, la volonté d’avoir la photo, les autographes. Des fois t’es pas encore sorti de scène qu’on te tend des stylos avec des feuilles. Y’a un truc comme ça, très, très…
CCV : Premier degré ?
Dominique A : Oui, oui, mais ca fait du bien en même temps. Même en France maintenant, j’essaie de ne pas rester dans ma loge et d’aller vers les gens, parce que je trouve que c’est chouette, t’as un vrai écho du concert, en plus les gens achètent des disques. C’est une façon pour eux aussi d’avoir une petite griffe, une petite rencontre. Je suis moins en retrait qu’avant, ça me pèse beaucoup moins désormais. Avant, à la suite d’un concert, j’avais tendance à m’enfermer dans ma coquille et de vouloir simplement qu’on me foute la paix, boire un coup avec l’équipe et puis c’est tout. Maintenant je ne suis pas à l’affût de rencontrer les gens mais je ressors avec de meilleurs sensations quand j’ai vu les gens, quand j’ai des échos directs du concert. J’étais préparé à l’Espagne par rapport à ça. Mais là, cette fois, on a fait pas mal de théâtres, et par rapport aux théâtres français, il virent les gens un peu directement. Et là il y a des dates où on a vu personne parce que le temps de sortir, de se changer, tout le monde s’était barré ! Par exemple, à la Coruna, c’était marrant de rencontrer les gens après dans la rue, on allait boire des pots, y’avait des gens qui venaient me parler, c’était drôle, très chouette.

CCV : Quelques expatriés quand même dans le lot ?
Dominique A : Oui bien sûr, mais pas tant que ça sincèrement. J’ai pas croisé tant de français que ça. Y’en avait pas mal à Madrid. Ça m’énervait d’ailleurs (rires). Ben c’est vrai tu vas à l’étranger, c’est pas pour… Enfin une personne égale une personne c’est pas le truc mais, du coup tu es ramené à un truc un peu moins dépaysant, et t’as plus l’impression d’être parti en voyage ! En fait c’est une affection qui vient de loin, depuis des années. Depuis 1996, et que Green Ufos distribue de la musique française et en particulier la mienne, y’a toujours eu une solide relation avec le public espagnol. Lors de la tournée en groupe précédente, je me disais que les gens étaient vraiment là. Il y a vraiment un suivi. On me demande souvent les mêmes chansons, en particulier Antonia. Auguri a d’ailleurs été l’album déclencheur ici. Et là je sens que ça ne fait que se raffermir. Je suis assez surpris de l’accueil fait au disque. Je me demandais, est-ce que « La Musique » est un disque assez riche musicalement pour être reçu par des gens qui ne comprennent pas ce que je raconte ? Et en fait oui, apparemment les gens apprécient beaucoup le disque. Y’a une réponse similaire au niveau enthousiasme par rapport au public français. Donc sur tous les plans j’ai vraiment l’impression qu’il se passe quelque chose. Quand on était sur la route, on apprenait que des concerts étaient « sold-out ». Par exemple à Coruna, tu ne te dis pas que tu vas faire 800 personnes. Il y a aussi des gens qui viennent là par hasard parce que c’est un peu l’attraction de la semaine, parce qu’il y a un travail de promotion qui a été bien fait. Des fois j’étais sur Facebook, et je voyais qu’il y avait autant d’espagnols que de français dans les fans… Donc tout ça me fait dire qu’ici une histoire s’est créée, qui n’est pas vouée à disparaître du jour au lendemain. Je regrette presque que l’on ait pas eu une tournée plus longue, qu’il n’y ait pas cinq-six dates de plus pour faire Valencia, Burgos… Là y’a un goût de trop peu. Ça n’a pas toujours été le cas, mais là c’est surprenant.


 



 

L’Espagne

Dominique A : J’ai encore découvert des tas de trucs en Espagne. La route entre Grenade et Murcia est super belle. C’est splendide ! Tu as vraiment cette idée d’espace depuis l’autoroute que tu n’as pas du tout en France. Cette espèce d’étendue, de désert… c’est vraiment splendide. Et ça c’est un rapport que tu n’as vraiment pas avec le paysage français depuis l’autoroute, où c’est un peu tristoune.
CCV : Maintenant que tu connais bien le pays si tu devais te positionner géographiquement, tu serais plus proche de quelle région : l’AnDominique Alousie, Catalogne, Castille… ?
Dominique A : Oh le Sud, l’AnDominique Alousie. Mais même au Nord de l’Andalousie – je ne sais pas qu’elle est la province…. Autant j’aime bien la Galice qui peut faire penser à l’Ouest de la France, mais bon je ne suis pas en pamoison devant, autant le Sud… Y’a des gars qui ne connaissaient pas, et qui ont halluciné. Ce sont des paysages qui sont puissants, qui ont vraiment du caractère. Je ne pense pas que je pourrais y vivre pour autant mais c’est vrai que j’apprécie d’y revenir de temps en temps. C’est presque déstabilisant. Se dire que l’on va rentrer en France pour faire des concerts, on se dit qu’on va presque perdre en chaleur humaine.

Le son en Espagne

Dominique A : Ils ont un rapport au son ici qui est très particulier. On appelle ça la « frequencia » avec les gars. Y’avait un mec qui nous a dit que les espagnols n’aimaient pas les basses, et c’est vrai que les discussions Dominique Ans les cafés, c’est assez haut, c’est Dominique Ans les mediums, c’est très agressif. C’est le seul pays où les gens viennent voir Dominique (Brusson) en lui demanDominique Ant de mettre plus fort ! « C’est pas assez fort, plus fort ! » Des fois, il est déjà à bloc, et des fois il dit que c’est trop fort. T’imagines ? Je crois que l’Espagne est le pays le plus bruyant statistiquement après le Japon. Donc ce n’est pas pour rien.

CCV : Du coup ça doit se reconnaître Dominique Ans les salles.
Dominique A : Oui oui, car du coup, les exigences sont moindres. A partir du moment où il y a des fréquences agressives, il y a ce qu’il faut pour eux, mais des fois, c’est un peu dur.


 



Retour sur la tournée française

CCV : Tu as un peu plus de recul sur la tournée française qui va bientôt reprendre, quel premier bilan peux-tu en tirer ?
Dominique A : C’est un peu l’autosatisfaction à tous crins. C’est super. C’est une super tournée. Il y a la même réponse au concert que par rapport au disque. C’est quelque chose de très direct. Ça ne cherche pas midi à quatorze heures. A part lors de la tournée précédente, celle du live, où on a eu droit à des commentaires dithyrambiques, il pouvait y avoir des gens qui restaient sur la réserve, qui ne prenaient pas les choses simplement, qui trouvaient que c’était trop tordu, trop chargé d’informations. Et comme là on a fait en sorte que sur scène, ce soit assez aéré, pour qu’il n’y ait pas mille éléments d’arrangements, que ça reste Dominique Ans la simplicité du disque, les gens le prennent frontalement. C’est un groupe qui peut aller partout. Il peut aller Dominique Ans les théâtres, Dominique Ans les clubs, on peut faire des gros festivals. Et c’est la première fois que je ressens que l’on peut faire de grosses scènes.

CCV : C’est prévu cet été ?
Dominique A : On est en train d’y travailler. Je freinais toujours le truc. Mais là les gens nous le disent, et moi je le sens. Y’a même un organisateur à Caen qui nous disait « j’osais pas vous proposer de festival mais là d’après ce que j’ai vu, c’est évident que vous pouvez passer sur une scène plein air ». Mon seul regret est que l’on va devoir fonctionner sur le même set jusqu’à la fin. J’aurais bien fait un peu de neuf. On a bien essayé, mais c’est impossible de répéter quand tu tournes et comme par ailleurs je fais des trucs avec ma copine, qu’il y a de la promotion encore, je m’en sors pas. Les gars ont aussi leurs projets. Donc on va devoir tourner sur le même set. C’est le seul truc qui me fait un peu m’ennuie. D’habitude on faisait deux-trois trucs supplémentaires, mais bon en même temps, beaucoup de gens n’ont pas encore vu cette formule là. En tout cas sur tout ce que l’on a vu, que ce soit Dominique Ans des cadres très officiels, des théâtres - ohlala on va encore nous dire que c’est très fort, patati patata - ou Dominique Ans des clubs rocks, les gens ressortaient enchantés. C’est un disque qui a été bien reçu, qui a une histoire, qui n’est pas fini, loin de là, et la scène va Dominique Ans le même sens. Donc c’est un peu l’embellie pour moi, 2009-2010 ça me fait du bien !

CCV : Vient le temps des récompenses alors…
Dominique A : Y’a un peu tout qui va ensemble. C’est un peu comme si on m’avait sorti de mon terrier. Avant je prenais les choses de façon plus cynique, et aujourd’hui tout simplement ça me fait plaisir quand on me dit que tu es nominé… même si je ne me fais pas d’illusions pour des Victoires… Mais ça me fait dire, tiens la Dominique Ate de péremption n’est pas dépassée, ça me fait du bien. Tu peux vite t’enfermer Dominique Ans une histoire qui ronronne, qui se « Thiefainise ». C’est un peu ce qui me penDominique Ait au nez depuis quelques années avec les disques précédents. Même avec l’Horizon, que j’aime toujours beaucoup, on sentait que l’histoire ne se renouvelait pas, et là elle repart un petit peu. Parce ça fonctionne bien et que les chansons ont une évidence.

RT @sochaux_lapin: Billets déjà pris pour 2018 : A pour Dominique A, B pour @bellesglasgow et @phoebe_bridgers 😀 https://t.co/UdScfgKvaU
RT @BELMONTBOOKINGS: On April 15th @MrAdrianCrowley is opening a special sold out show of Dominique A. @CCertainsVivent at magnifique Cité…
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