|
Page 1 sur 4 Dominique A nous a accordé une interview lors de son
passage à Ramonville Saint-Agne (31) le 14 mars 2002.
Merci à celles et ceux qui nous ont aidé à
sa réalisation (en particulier à Alain C., Julien
S. et Florence B.).
L'entretien a été assuré
par Sam.
Dominique A bonjour.
Bonjour.
Alors tout d'abord, est-ce t'étais au courant qu'il existait
déjà un site sur Dominique A ?
Ben depuis quelques mois ouais j'en ai eu vent ; alors pas mal de
mal à trouver avec les tirets, les machins, les trucs et en plus
j'ai pas d'ordinateur chez moi donc ça passe forcement par soit
un copain soit et euh... Ouais ouais, j'ai découvert ça
avec joie. Je sais qu'il y avait déjà eu des trucs qui était
passés y'a quelques années notamment...
...qui n'existent plus
... ouais notamment y'avait un type, je me souviens, j'avais été
voir la page, c'était des photos illustrant les chansons et notamment
y'en avait une illustrant du Gros Boris où tu voyais un
pauvre chat - je sais pas - ne faire étrangler ou un truc comme
ça. Et y'avait aussi un site, je crois californien, mais qui n'était
pas axé sur moi spécialement mais sur la nouvelle scène
y'a quelques années et toutes les paroles étaient traduites
en anglais. Donc ça c'était un espèce de fou, je
crois dans l'université de San Francisco, un truc comme ça,
enfin je suis pas sûr de la provenance exacte... un type qui se
faisait appeler Pink Frankenstein, et qui fait donc pas mal de trucs par
rapport aux trucs français. Enfin je sais pas c'était y'a
quelques années maintenant...
C'était plutôt l'époque La Fossette ?
Ah non non, c'est plus récent, c'est plutôt... ben aux dernières
nouvelles, les derniers contacts que j'ai eu avec lui, je l'avais rencontré
une fois quand on avait joué, le seul concert qu'on ait fait aux
Etats-Unis (je dit "on" parce que Françoiz jouait aussi),
c'était en 98 à Austin, un festival à Austin, un
gros machin de musiques indépendantes. Et on l'avait rencontré
parce qu'il était très fan du premier album de Françoiz
Breut.
C'était un américain ?
Oui c'était un américain, mais francophile, très
francophile.
Bon alors ce soir, tu es à Ramonville, banlieue de Toulouse,
t'as là pour présenter ton dernier album studio Auguri...
... entre autres.
... entre autres, oui, tu sors du carcan de la promo ?
Oh ben moi les concerts, même si sur scène on joue beaucoup
les dernières chansons parce que ce sont celles par rapport auxquelles
y'a une fraîcheur maximale je dirais, quand les gens me parlent
de concert de promotion, ça me fait hurler parce que pour moi c'est
vraiment... En plus de promotion de quoi dans la mesure où les
gens qui viennent nous voir, c'est vraiment les gens qui connaissent les
albums, donc... enfin c'est une parenthèse mais maintenant, y compris
chez les groupes, y'a vraiment un langage, même chez les jeunes
groupes, surtout chez les jeunes groupes, où tous les concepts
de marketing sont intégrés à leur discours. C'est
quand même assez terrifiant je trouve. Donc voilà. Parenthèse.
Bon t'es plutôt à la fin de cette tournée en groupe,
parce qu'il y avait eu le Solo Tour au mois d'octobre ; comment ça
se passe, un premier bilan peut-être ?
Ben le bilan il est simple je crois que les deux… enfin, la tournée
solo m'a vraiment remis sur les rails par rapport à un travail
en groupe. Parce que la tournée Remué m'avait un peu…
… plombée.
Ouais, ouais, ça m'avait un peu refroidi sur le travail en groupe.
Bon entre temps, y'a eu la tournée de Françoiz et tout ça
qui a remis un peu les choses… mais c'était nécessaire
pour retrouver, je dirais, une certaine allure sur scène et puis
surtout une certaine décontraction - j'aime pas trop le mot - .
Maintenant le truc c'est de vraiment d'alterner justement. La tournée
solo, ça devait être juste au départ un petit moment,
et puis les échos que j'en ai eu et les sensations que j'ai éprouvées
en faisant ça font que je goûte aux joies de l'un et de l'autre
en alternance et c'est très agréable.
Bon de ce qu'on a entendu, y'a eu la Black Session chez Lenoir…
… qu'était pas terrible d'ailleurs. Je chantais comme un porc
(rires).
C'est peut-être pour ça que tous les morceaux n'ont pas
été diffusés, c'est peut-être toi qui a dit
que c'était peut-être pas la peine de…
… non non non, y'a pas eu de… même ma mère m'a
dit que j'avais mal chanté donc… un peu dans l'enthousiasme
du truc, j'ai eu l'impression que… C'est toujours le problème
c'est-à-dire que quand tu réécoutes des bandes concerts
qui sont très bien passés, quand tu réécoutes
la bande sonore, ça te semble épouvantable, tu fais pas
la correspondance entre l'un et l'autre et en fait là c'est pareil
; j'ai passé un bon moment sur l'instant et puis au vu des réactions
des gens que je connais bien, je mes suis " oh ben d'accord, on
s'est méchamment planté " (rires). Mais ça
sert de leçon, on apprend tous les jours.
|
Apparemment c'est un concert qui varie peu par rapport au dates, la
setlist change pas beaucoup, c'est en réaction au solo tour - où
tu improvisais pas mal, y'avait un jeu qui s'instaurait entre les spectateurs.
Ah c'est sûr que là c'est beaucoup plus figé. |
C'est l'équilibre dont tu parlais tout à
l'heure ?
Ben en fait, c'est difficile quand tu es en groupe de trouver une
énergie de groupe, ça suppose que tu aies des repères.
Dans la mesure où tu fais un concert de rock'n'roll pur, tu
peux lors des morceaux intervertir un peu. Là y'a vraiment
une histoire de relief, en montagne russe, et c'est vrai que quand
on change la liste - la liste elle évolue encore un petit peu,
enfin c'est des bricoles mais… pour que le concert soit le plus
réussi possible c'est vrai que c'est bien de s'en tenir à
un ordre en fait, parce qu'on peut vraiment jouer sur les ruptures,
et quand tu bouleverses un peu cet ordre-là ben ça peut
vraiment te foutre dedans. Moi je sais que quand les rares fois où
on a justement cherché à tout bouleverser, on trouvait
pas nos marques. Et le concert était moins bon. Là maintenant
on a tendance à faire évoluer les morceaux plus que
par le passé donc y'a pas cette sensation de répétition,
en plus là c'est sur vingt dates, donc c'est pas énorme.
Et puis y'a aussi des impératifs - enfin impératifs
c'est pas lemot - des trucs d'ordre technique qui sont liés
aux lumières et liés au fait que le sonorisateur est
vraiment mixeur, donc au moment où on joue tel morceau, s'il
veut envoyer tels effets et pareil pour le lampouliste, il faut qu'il
sache se qu'il va se passer et c'est vrai que c'est tellement dur
à mettre en place un set qui fonctionne bien, que quand tu
tiens un peu le truc, t'as pas envie de le lâcher tout de suite.
Si on tournait sur six mois, ça pourrait être problématique,
mais là, ça va.
Et le set DJ que tu fais à la fin ?
Ah mais c'est pas systématique. On l'a fait trois avec Mellano.
Oh c'était pour rigoler. C'était pas un set DJ , on passait
des disques quoi. Mais là j'en ai marre. C'est toujours les mêmes
disques.
Beaucoup de titre d'Auguri ce soir, comme tous les autres soirs,
de La mémoire neuve aussi, très peu de Remué,
encore moins des albums précédents de La fossette
et de Harry. Ce choix se fait par rapport au groupe ? A la façon
de jouer ?
Ouais au travail en groupe, c'est-à-dire qu'on essaye des trucs
; moi j'avais envie de jouer L'onglée parce qu'on avait
une bonne version. En fait, par rapport à Remué,
c'est pas du tout un dénie ou un reniement ; en fait Remué
fonctionnait très bien sur scène avec les claviers, là
y'a pas de claviers et on avait l'impression à chaque fois de refaire
des versions… c'est-à-dire que les chansons de Remué
ne supportent pas tellement du réarrangement autant d'autres chansons
du vieux répertoire on peut les réarranger un peu comme
on veut, autant celles-là elles sont un peu figées et le
plaisir n'était pas là franchement. Donc des fois on joue
Encore quand on le sent bien…
Retrouvailles aussi.
Oui y'a Retrouvailles tu es bien informé ; on a essayé
Exit mais ça fonctionnait pas, sur les vieux trucs mois
je voulais faire L'onglée mais on revenait à la version
qu'on faisait sur la tournée Remué et c'était
moins bien parce qu'il n'y avait pas les trucs de piano et tout. Donc
le tri s'est fait lui-même. Et après bon moi j'écoute
vachement les gars du groupe, et quand ils ont vraiment envie de jouer
un morceau et que je suis pas opposé à ça, on essaye
et si ça fonctionne bien… mais c'est vrai qu'il y a pas mal
de truc sur lequel on fasse l'impasse, mais bon c'est normal.
Ca t'énerve, ça te gonfle un peu qu'on te demande souvent
les premiers titres du type Pignolo, Les lapins…
Oh Pignolo, Les lapins ouais. Oh ça oui. Y'en a trois,
Pignolo, Les lapins, Otto box, en général
ça va de paire parce que dès qu'y'en a qui lance Pignolo…
Je me dis…
J'ai évolué mince !
(rires) je me dis que ces gens-là passent un peu à côté
du concert. Ca m'est arrivé lors du solo tour à Paris, quelqu'un
m'a demandé Les lapins, bon j'ai dit " ok, les lapins
". Et je te jure ça sonnait à côté mais
total, les gens qui connaissaient pas se sont demandés qu'est-ce
que c'est que ce truc ?
C'est un ovni !
Ouais c'est trop loin, c'est trop…
Trop de décalages.
Ouais. Déjà quand il est sorti, quand La fossette
est sorti, déjà je me disais, " Les lapins , ah
j'aurais pas du le mettre ". Et 10 ans après… (rires).
Mais j'ai un autre truc, j'ai des chansons pour les gamins que je vais
sortir un de ces quatre. Donc là, j'ai Le poisson chat qui
va éclipsera Les lapins (rires).
Très bien, c'est un scoop alors.
Ah oui c'est un scoop. Avec une première ce soir peut-être.
Lors de ton passage chez Lenoir en octobre t'étais passé
faire… bon là c'était quand même un peu promotionnel.
Oui oui carrément.
|