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Interview Gekko

Yvan : Par rapport à ça Dominique tu avais aussi beaucoup travaillé avec Sacha avec Olivier Melano ... tu voulais changer ?

Dominique A : Oui, je voulais changer pour que l'on s'oxygène un peu les uns les autres. On sortait de pas mal de temps de tournée. Et puis même, non j'avais vraiment envie ... et on s'est rencontré, on a écouté les maquettes que j'avais amenées, j'avais amené je sais pas 14 - 15 chansons, on les a écoutées ici (ndlr : Studio Ferber) et ça leur plaisait assez et on s'est dit que l'on allait faire un essai c'était début juin l'an dernier. Après vous m'avez demandé des guitares voix parce que j'avais tout effacé (rires). J'ai du tout refaire et après ils ont bossé sur six chansons à titre d'essai, en fait pour voir en tant qu'arrangeurs et Jean devait intervenir après.

Yvan : Et dans ces cas là est ce qu'il y a une chanson qui déclenche ? qui provoque le déclic de ta part ?

Dominique A : Oui, moi ça a été "Dobranoc", c'est la première qu'ils m'ont fait écouter comme par hasard.

Arnaud Devos : ah oui ah bon ?

Dominique A : Si si vous vous souvenez pas de ça ?

Arnaud Devos : Non, moi j'avais l'impression que l'on avait commencé par une ou on s'était ...

Dominique A : Gaufré ?

Arnaud Devos : Une où tu avais fait "Arrf".

Dominique A : Non non non justement c'était après.

Arnaud Devos : Et "Pendant que les enfants jouent" ça n'allait pas du tout.

Dominique A : Oui il y a deux chansons qui n'allaient pas, et trois autres je ne savais pas trop.

Arnaud Devos : Et "Revenir au monde" aussi.

Dominique A : Oui il y avait "Les enfants" et "Revenir" mais il y avait déjà des bases de "Elle parle à des gens" et de "Tout sera comme avant" qui sont les bases du morceaux et sur lesquels j'étais déstabilisé au début, en plus j'arrivais vraiment genre "Bon allez je suis très ouvert" (rires).

Arnaud Devos : C'est vrai !

Dominique A : Non mais c'est vrai mais en fait je me suis retrouvé à me dire "merde ah, c'est ça d'être ouvert ?" (rires) "C'est dur !"

Yvan : Et c'était par rapport à quoi ? des instruments utilisés ... ?

Dominique A : Non non, plus la façon, par exemple "Tout sera comme avant" quelque soit l'arrangement je le voyais comme un truc qui traçait tout droit et puis là en fait il y avait un truc très assis dans la partie rythmique et qui donnait une impression de ralentissement mais en fait c'est pas le cas puisque après il y a toute l'orchestration derrière qui galope et il y a la guitare qui marque le truc mais sur le moment je me disais "Ah putain" et je ne savais pas. Je refusais à chaque fois de partir avec des cd-r pour écouter chez moi et savoir ce que j'en pensais parce que je me disais je vais gamberger je vais freiner le truc et puis on a discuté aussi ...

Arnaud Devos : Ah oui oui c'était très ouvert ...

Jean-Louis Solans : Il y a eu pas mal d'aller et retours ...

Dominique A : Mais en fait je dirais qu'au bout de 3 - 4 fois, après ça roulais.

Arnaud Devos : On était sur la même longueur d'onde on était en train de fabriquer la même chose.

Dominique A : Il y a les éoliennes qui nous ont donné du mal jusqu'à la fin. Mais en fait c'est "Dobranoc" qui m'a fait me dire ... c'était un peu un espèce de fantasme d'orchestration donc je me suis dis "oh la la c'est super" et ça m'a fait me dire "faut s'accrocher" y compris sur les trucs où je sais pas encore, c'est difficile d'avoir un avis.

Arnaud Devos : C'est vrai on se connaissait pas du tout, toi tu arrivais, tu écoutais un truc comme ça Paf ! et puis ensuite tu voulais repartir avec rien, tu étais obligé de te fier à ce que tu sentais comme ça.

Dominique A : Et c'est une bonne approche en fait je crois.

Yvan : Et pour GEKKO est ce que vous vous êtes un peu "limités" ou est ce que vous êtes vraiment partis sur ce que vous vouliez faire ?

Jean Lamoote : Je pense que l'on ne peut pas travailler si on ne peut pas faire comme ça.

Yvan : Mais par rapport à des directions de Dominique qui aurait pu dire oui mais là ... ?

Jean Lamoote : Qu'il y ait des directions, des discussions des choses en amont il n'y a pas de problème mais après ...

Yvan : Vous proposez ...

Jean Lamoote : Oui c'est ça.

Dominique A : Le seul truc que je disais, enfin je crois me souvenir, c'était de vous encourager à la dissonance aux trucs un peu barrés de ne pas avoir peur justement de se laisser aller.

Jean-Louis Solans : Ca si tu veux on s'était mis d'accord la dessus avec Dominique. Dominique nous a dit "voilà mes maquettes, moi je vous donne les clés de la maison" c'est ses propres mots. Bon c'est sur que, nous c'est ça qui nous a séduits, c'est pouvoir se dire "C'est quelqu'un qui a envie que l'on s'investisse qu'on fasse des trucs que l'on ne fasse pas juste le formatage de ses chansons' pour nous c'était super motivant et pour Dominique qui n'avait jamais fait ça peut être ?

Dominique A : Non non.

Jean-Louis Solans : Enfin qui a fait beaucoup de choses lui-même dans son parcours, ça a pas du être facile à certains moments de se demander où ça se barrait est ce qu'il se retrouvait toujours là dedans, est ce que c'était toujours lui. J'imagine que ça a pas du être évident.

Dominique A : C'est surtout le fait de ne rien écouter de partir avec rien mais bon en même temps en se disant que si tu parts avec quelque chose tu va freiner des deux fers parce que tu va retomber dans tes trucs à toi. Et moi mon truc c'était de laisser GEKKO s'investir et puis après, de revenir en dernier lieu et reprendre un peu possession des lieux. L'image que j'ai c'est : Tu laisse tes clés à quelqu'un et tu revient le mobilier est changé ils ont repeint les murs et tout et tu dois ré-apprendre à vivre la dedans. Pour moi c'est le truc le plus juste de l'enregistrement et en même temps au bout d'un moment t'es bien content de vivre dans ces nouveaux trucs mais ça demande du temps.

Yvan : Et par rapport à l'imprudence tu n'avais pas peur que ça soit trop proche ou que l'on ait l'impression que ça soit plus vraiment ton album ?

Dominique A : Non, Jean-Louis n'avait pas bossé sur l'imprudence et c'est des chansons sur lesquelles il n'y a pas ce truc de parlé-chanté, je ne me disais pas on va étirer les chansons jusqu' à n'en faire qu'une seule, ça me fait ça en fait l'Imprudence, c'est un peu comme un concept album. Et en plus sur l'Imprudence il y a beaucoup de gens qui ont travaillé, bon là il y a Martin et Simon mais il y a aussi en arrangeur Ludovic Bource et Mobile in Motion. Et puis je sais pas, de part la teneur des chansons je me disais bon on est loin du compte.

Arnaud Devos : Il y a des directions quand même qui sont un petit peu induite par un texte, par une mélodie, par une atmosphère, par une personnalité aussi enfin pas aussi d'abord je crois.

Dominique A : Ouais, non j'avais pas peur de ça en fait. C'était pas pour retrouver ce son là, c'était plus pour être dans une méthode de travail qui s'en rapproche et développer un truc propre. Et au départ c'était de bosser avec des francophones ... comme Simon et Martin (rires), pour communiquer facilement en fait.

Yvan : C'est pas par rapport à la reprise de Léo Ferré ? parfois on a l'impression que tu as envie d'aller plus vers un certain type de chanson classique.

Dominique A : C'est par période en fait, là il y avait surtout une volonté de l'orchestration classique mêlée à d'autres choses Et puis il y a un truc qui est induit par ... c'est les chansons elle même tu as un moment c'est écrit et puis tu vois un peu dans quel sens vont les chansons et ça c'est pas un truc que je freine que je contrôle je me rend compte au fur et a mesure que l'on est dans un registre où ça serait bien qu'il y ait un truc assez ample derrière ou que ça soit assez percussif mais sur le moment je suis pas en train de me dire tiens je vais faire des chansons genre pour faire un truc comme ça, ce qui est sûr c'est que je voulais rompre avec un truc de sécheresse de rugueux qu'il y a un peu dans "Auguri" notamment, de très ramassés. Je fonctionne aussi sur des envies c'est un balancier, tu vois c'est vrai que là ça me donne vraiment envie de continuer avec des orchestrations en tout cas en studio; continuer un travail assez dense sur les chansons, mais je peux pas dire à l'heure d'aujourd'hui bon voilà c'est parti ... peut être que dans 6 mois j'aurai envie de faire une guitare avec un banjo et une voix, ça m'étonnerait mais ...

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