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Entre deux rounds
Ce fût faramineux. Je ne vais pas m’étaler, ayant été interrogé à ce sujet à Barcelone par Sam, de CCV, qui je pense retranscrira prochainement notre conversation, mais il n’en est pas moins vrai qu’il a fallu redescendre : l’Espagne nous a réservé, à mes camarades et moi-même, un très bel accueil, avec des salles pleines, du club un peu roots au splendide théâtre à l’italienne : beaucoup d’enthousiasme partout, pendant et au sortir des concerts (à Murcia, on n’a rien compris, tellement c’était fort), et par rapport à mon dernier opus, sorti là bas officiellement fin décembre. Résultat : batteries regonflées à bloc pour ce premier semestre bien gavé (tournée allemande en avril, et bien d’autres choses qui se profilent à l’étranger, retour en Espagne inclus, obligatoire).
On m’a, ces derniers mois, donné comme à l’accoutumée en tournée
beaucoup de disques à écouter à la fin des concerts, souvent « pour
avoir un avis », ou pour me proposer une première partie. Comme à
l’accoutumée, je n’en ai pas écouté la moitié, et je n’ai répondu à
personne. On verra là le signe d’une noire ingratitude si on veut, mais
ce n’est pas celui d’un manque d’intérêt de ma part : je comprends tout
à fait la démarche qui consiste à remettre un disque à quelqu’un dont
on aime le travail, et dans le cas où on me demande un avis, je manque
simplement de temps pour bien écouter et répondre, et j’ai aussi, il
faut le reconnaître, beaucoup de mal à formuler une opinion
constructive qui ne soit pas rédigée à l’arraché. Il y a également un
peu de désir en jeu, il ne peut y en avoir lorsqu’on vous demande un
avis ou même un simple signe, ça s’apparente finalement plus à une
obligation plus qu’à une invitation, et du coup, je me tourne plus
volontiers vers les disques que j’achète par ailleurs, le dernier Nits, the Fatales, ou Throw Me The Statue
par exemple (énumération sans commentaires, complètement gratuite). Par
rapport au fait de proposer des premières parties, ça m’arrive de
rebondir sur des propositions, mais je ne suis pas seul décisionnaire,
il y a les salles elles mêmes, qui , aujourd’hui , en programment de
moins en moins, faute de moyens (« Vous allez voir, la mort du disque,
ça aura ça de bon que tout le monde va revenir à la scène », mais oui,
mais oui, et les salles de se multiplier comme des petits pains, et les
spectateurs de se reproduire comme des lapins…).
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