Concerts

Newsletter CCV

 

Janvier 2009
Illust. Blonde (merci !)

 

Un bail, déjà, depuis mon dernier billet sur CCV. Crainte que mes commentaires divers ne  virent au prévisible, les goûts et les couleurs, et la façon d’en parler, ne se renouvelant pas « à la vitesse d’un cheval au galop », pour reprendre le titre de l’excellent court métrage de  Darielle Tillon. Et puis d’écrire pour La Machine à Cailloux et, mensuellement, pour un magazine à grande vitesse, plus encore qu’un cheval au galop, aura l’an dernier comblé mes velléités plumitives, sans parler de la musique qui m’a tenu éveillé neuf mois durant. Bon, le magazine mis à part, tout ceci étant bel et bien bouclé, emballé, repassé, circulez, rempiler en ces pages s’imposait. Dont acte, avec une cadence que j’espère mensuelle toute l’année durant. C’est sans doute un peu cavalier, si je songe à ce qui va me tomber dessus les prochains mois, mais c’est toujours comme ça quand on n’a pas le temps, on s’arrange toujours pour en avoir encore moins.
 
The triffidsBon, par quoi commencer ? Gentiment, par la musique, histoire que je retrouve mes marques. J’ai évidemment écouté pas mal de choses ces mois derniers, mais pas tant, accaparé par mes propres notes. Paris Motel, Portishead, Arman Méliès, et My Brightest Diamond ont fait le bonheur de mes oreilles, et le mien, par extension, parce qu’on s’entend bien, elles et moi. Récemment, la lubie m’a pris de collectionner les œuvres rééditées par le label Domino des Triffids, obscur combo australien des années 80, assez folk rock, et emmené par un songwriter lyrique et inspiré, David Mc Combs, à la belle voix chargée, mort il y a neuf ans, à une période où il était depuis longtemps rangé des voitures, et sans doute à mille lieues d’imaginer que quelques années plus tard, quelques fans hard core permettraient à son groupe de connaître une once de lumière, certes falote, mais assez perceptible pour redonner un peu d’existence à ses chansons. Si le cœur vous en dit, je vous recommande de vous pencher sur leur quatrième album, « Calendar », pas forcément le plus marquant, mais excellente entrée en matière. Je me souviens, François Gorin, à Rock’n Folk avait chanté les louanges de ce disque à sa sortie, en 88 si je ne m’abuse, à une année près, sachant que je suis bien assis sur ma chaise et que la flemme me prend d’aller vérifier, mais pour ce genre de choses, j’ai bonne mémoire. A l’époque, comme j’aimais bien Gorin, parce qu’il avait parlé comme nul autre de Cure, notamment de « Seventeen Seconds »  et de « Faith » ( lorsque « Pornography » était sorti, il avait fait état de sa perplexité, mais ceci est une autre histoire qui n’a que peu à voir avec nos Triffids, guère new wave dans le son, quelques inévitables réverbes sur la caisse claire de rigueur eighties mises à part, enfin, bref, toujours est-il que), sa chronique m’avait donné l’envie d’aller y entendre de plus près ; mais en ces temps reculés, jeunes gens, ça n’était pas si simple, ah non, il ne suffisait pas de cliquer sur une musaraigne pour avoir accès à la musique ; ce qui fait que j’ai finalement attendu 20 ans, oui, 20 ans, pour tomber sur la réédition en CD laser de « Calendar », et instantanément de m’en saisir en me disant « Mais c’est le disque dont parlait Gorin… ». Ce qui s’appelle avoir,  en conviendrez-vous ? de la suite dans les idées. 

Manset Ceci mis à part, Gérard Manset nous a récemment informés que « Manitoba ne répond(ait) plus ». Mais Gérard Manset, lui, répond-il encore ? Il est permis d’en douter à l’écoute de ses derniers disques, dont la congélation instrumentale n’en finit plus d’étonner : sons de guitare, claviers, le mot même d’« orchestrations » dans les crédits… tout nous renvoie loin, loin dans le temps. Lorsqu’on regarde encore les crédits sur le disque, on lit, au titre des remerciements : « Vic Emerson : claviers ; Hervé Roy : direction orchestre… ». Et point. Tout ça est bien sec. Il y a des choristes aussi, on les entend distinctement, mais il n’en est fait mention nulle part. On entend aussi la voix de Gérard Manset dans cet album, évidemment, mais si on n’a pas les paroles sous les yeux, souvent, on ne comprend pas, les phrases jaillissent comme des flèches, dont le point de départ est incertain, les syllabes se perdent dans l’éther, ou finissent sur d’étranges trilles, dans les octaves les plus hautes. Et lorsqu’on comprend, on entend des choses comme : « J’ai remonté la Seine, jusqu’au Pont des Arts/ C’est là que je venais, par la rue des Beaux Arts » ; ou comme : « Alors nous avons bu, tout un litre de vin / En as-tu une aussi, de petite catin ? ». La  question est : avons-nous encore besoin / envie de ça ? En ce qui me concerne, la réponse est oui, hélas, encore oui, d’injustifiable manière. Avec des baisses de régime, des velléités de « il ne m’y prendra plus », mais comme ici, l’album est ramassé, les chansons relativement compactes, et l’inspiration mélodique au rendez-vous, c’est un Manset sur lequel on passera quelques heures, même si moins que sur « Matrice », « Orion » ou « Lumières, forcément.

CCertainsVivent RT @ValparaisoMusic: Mesdames et Messieurs, we’re very happy that our first album “Broken Homeland” is finally out today. It took its... ht…
CCertainsVivent Ce soir 18h au @PetitBain réunion publique du collectif #DesLiens Paris. Vous êtes les bienvenues… https://t.co/QNgw91tcAz
CCertainsVivent Marquis de Sade de retour à Rennes ! https://t.co/xqxk6FBF3X
© 2017 - Comment Certains Vivent