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Janvier 2009



Vincent Delerm Histoire de faire grincer quelques dentiers mal ajustés, puisque son cas continue à faire l’objet de foires d’empoigne que le groupe de trash métal techno core le plus extrême pourrait lui envier, signalons que le quatrième album de Vincent Delerm est de très bonne facture, musicalement son travail le plus abouti (avec le concours notamment de Jean Philippe Verdun, qui s’est déjà illustré sur le disque de Daphné), pas si loin des premiers Divine Comedy dans l’approche instrumentale. Ce garçon a vraiment le sens de la chanson, de la vignette écrite au cordeau, avec pas mal de subtilités à l’arrière plan, j’en veux pour preuve la véritable perle qui occupe la plage numéro 7, « Et François de Roubaix dans le dos ». Bon, évidemment, encore pas mal de namedropping dans les paroles, ce qui ne manque pas d’irriter à première écoute. Je le lui ai dit, ce à quoi il m’a rétorqué que c’était sa croix, et qu’il ne lui était pas plus possible de s’en passer que pour moi de chanter sans remuer la main droite.

High Places Au rayon dit indépendant, une découverte au débotté en passant par le magasin, un duo chez Thrill Jockey, High Places, auteurs d’un album court tout en soupirs, syncopes, tablas numériques et glouglous d’eau, 30 minutes et des poussières de régression electronica infantile, post Young Marble Giants et Pram, ce qui revient au même, un rien plus nerveux. Très bien. Ne pas s’inquiéter au vu de la pochette, qui sent sa scientologie à mille lieues, à se faire pâmer d’aise Tom Cruise et Beck.

Daniel Paboeuf Unity Vous n’étiez pas là. En tout cas, je ne vous ai pas vus, et, croyez moi, j’ai bien regardé. C’était au Glaz’art  Porte de la Villette à Paris, le 27 novembre dernier. Daniel Paboeuf jouait avec son collectif DPU (pour Daniel Paboeuf Unity), et il y avait aussi XMasX et le Chien Vert de Régis Boulard. Je connais bien tout ce beau monde puisque, certains d’entre vous en savent quelque chose, j’ai joué avec nombre des musiciens de ces formations renno-rennaises, à l’occasion, d’une, deux, trois tournées, d’un, deux disques, ou d’un, deux ou trois concerts. A chaque fois, je suis épaté par l’intensité et la fraîcheur de chacun de ces projets, croisements idéaux et jamais forcés de free jazz, de pop progressive tirant logiquement sur le post rock : ça tape toujours juste, peut être parce qu’il y a un véritable esprit collectif, personne n’est là pour tirer la couverture à soi. Quand l’un d’entre eux ne peut pas venir, il s’arrange pour se faire remplacer par un camarade ; ainsi ce soir là, David Euverte, occupé avec Da Silva en d’autres lieux, avait confié au pied levé les clés de la maison XMasX à Thomas Poli de Montgomery / Cabin / Mobiil, et le groupe pouvait donc jouer, et donc exister, en l’absence de son principal protagoniste. Chien VertDans l’esprit, il me semble qu’on n’est pas si loin de l’école de Canterbury, de Soft Machine, Gong, Slapp Happy et consorts. Je ne pense pas que ce soit la seule amitié qui me fasse parler, même si elle a sa part. Ce n’est en tout cas pas elle qui me fait dresser l’oreille lorsque j’écoute le disque de DPU sorti dans une confidentialité désolante cette année chez Harmonia Mundi, et dont chacun des sept thèmes est, disons les choses comme elles sont, une petite tuerie. Après le concert, j’ai acheté au massif Régis Boulard le disque du c », d’aussi belle tenue que le concert, puis nous avons vaguement éclusé dans une morne brasserie à écran plat saturé de pelouse verte jusqu’à extinction des lampadaires, il y avait Jérôme Bensoussan aussi, que j’étais bien content de revoir ; puis tout le monde s’est séparé, les rennais se sont repliés sur leurs bases, sans même passer par la case hôtel, ils ont roulé tout le reste de la nuit.

La vie lointaine Parfois, des réalisateurs de courts métrages me demandent s’ils peuvent utiliser un titre ou l’autre de mes disques, et j’ai pour principe de toujours répondre oui, parce que je ne trouve pas de raison valable de répondre non. J’y trouve rarement mon compte en tant que spectateur à la vision des films finis, mais bon, je dis oui. Depuis quelques mois, je recevais des invitations répétées à des projections d’un moyen métrage, « La vie lointaine », de Sébastien Betdeder, où un personnage, à un moment donné, chante à capella « Le courage des oiseaux ». Mais ça tombait toujours mal, et puis à vrai dire je ne m’en souvenais plus, de cette histoire. Un DVD du film m’est finalement parvenu par la poste, et un soir de relatif désoeuvrement, et un peu par obligation aussi, craignant le pire, je l’ai glissé dans le lecteur. Et là, surprise, c’est brillant, original, maîtrisé, troublant, et assez à part dans la cinématographie française contemporaine, ce que j’en connais du moins. Une étrange histoire de fantôme et de création, où personnages de chair et de sang côtoient des figures fantomatiques ou fantasmées pour un singulier dialogue entre vie imaginaire et vie réelle, au beau milieu d’une campagne de rêve. Sébastien Betbeder est par ailleurs l’auteur d’un long métrage assez récent, « Nuage », brillamment mis en musique par Sylvain Chauveau, et que je n’ai pas eu l’occasion de voir, mais ça ne saurait tarder.

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