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Janvier 2009



Sol carrelus Puisque nous sommes au rayon étrange, juste signaler en bande dessinée la parution de deux beaux spécimens bien frappés. Tout d’abord, à l’Association, « Sol Carrelus » de Rupert et Mulot, deux experts du non sens que n’aurait pas renié Gébé, un livre où loup garou, sorcière, zombie et autre vampire regroupés dans une vieille demeure tentent d’échapper, dans une atmosphère d’ultraviolence qui tarde à se déchaîner, à une invocation magique qui les ferait s’entretuer. Les dialogues sont hilarants, et graphiquement, c’est superbe, avec une utilisation des gris virtuose. Ensuite, « Low Moon », de Jason, chez Carabas, une série d’historiettes sans queue ni tête, ou alors avec queue et tête mais pas au bon endroit, servies par une narration pince sans rire et un minimalisme graphique de très bonne facture, comme dans ses précédents livres, dont le toujours très recommandable « J’ai tué Adolf Hitler », paru en 2007.

Zone Un roman, un seul, beaucoup commenté dans les gazettes littéraires depuis sa sortie, à juste titre : « Zone » de Mathias Enard (Actes Sud). C’est un voyage, un voyage en train entre Paris et Rome, durant lequel un espion, ancien soldat dans l’armée croate en ex Yougoslavie, et décidé à en finir avec une vie de violence, se livre à une long monologue, sorte de catalogue de l’horreur, des guerres qui ont fait l’Histoire du bassin Méditerranéen (la fameuse « zone ») et de l’Europe, où vrais et faux récits historiques, souvenirs de guerre, et considérations sur une vie sentimentale à vau l’eau se mêlent en un flux continu, le flux d’une pensée heurtée et flinguée par une proximité perpétuelle avec la violence, celle des autres et la sienne propre, et le goût « de cuivre » du sang et de la vengeance. Peu de dire que c’est un livre magistral, dont la forme à priori rebutante (une phrase unique, qui se déploie 24 chapitres durant) initie un rythme d’une grande fluidité. Et c’est, régulièrement, très drôle, dans le genre vache et (très, évidemment) désespéré.

Ça ne dézingue pas beaucoup dans ce billet, c’est clair, plutôt envie de parler de ce que j’aime après mon absence prolongée sur ce site. Il y en a d’autres qui ne s’en privent pas, en d’autres pages, ça pilonne par exemple à cœur joie, et de façon plutôt distrayante, sur le site « vipère littéraire », dont la démarche consiste à commenter perfidement les dessous du petit monde littéraire hexagonal (étant entendu que c’est une tradition, le dézinguage, en littérature, à tel point qu’on dirait parfois que certains s’ingénient à singer les scènes de batailles anciennes et plus illustres). Rigolo, mais pas très glorieux, puisque écrit sous pseudonyme : bonjour le corbeau. Ça aussi, c’est la magie d’Internet.

A vite pour de nouvelles aventures. Bonne année à tous. 

 Dominique A

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