|
Bonjour les
amis,
Je profite
d’une relative accalmie dans mon planning de délégué syndical (les ministres ne
sont pas seuls à être débordés, après tout) pour honorer mes engagements
vis-à-vis de CCV, engagements un chouïa mis à mal par la surchauffe promotionnelle :
j’avais parlé en janvier d’un billet mensuel, et bon, oui, on est loin du
compte. J’avais un peu présumé de mes forces. A ma décharge, mon intronisation
temporaire à la rédaction des Inrocks a pas mal comblé mes velléités d’écriture
ces mois derniers, en sus de la chronique mensuelle pour TGV, et autres textes
pour 20 minutes. Donc voilà, désolé, mais point trop n’en faut.
Une fois
n’est pas coutume, peut être contaminé par ce sentiment d’autocélébration qui
vous assaille quand vous êtes invité à parler de vous en continu, je vais
profiter de ce billet pour vous parler de moi, actualité et projets en cours.
Tout
d’abord, vous glisser deux mots au sujet du livre-disque sur Hervé Guibert,
récemment paru chez Naïve, sous titré « L’écrivain-photographe ».
C’est un disque de lecture d’extraits de ce très beau livre de Guibert, « L’image
fantôme », sur son rapport à la photographie, sur ce qu’il y a dans et
sous la trace photographique, et sur l’aller-retour perpétuel entre ses deux
activités de romancier et de photographe.Vincent Josse , de France Inter, un de
mes plus fervents supporters, a initié ce projet il y a 5 ou 6 ans déjà, et
m’avait proposé, alors que je venais de sortir « Tout sera comme
avant », votre album préféré, de l’agrémenter de quelques notes de
musique. Dont acte. Pour des questions de droits très compliqués et pas très
passionnants à rapporter, ce projet a bien failli ne jamais voir le jour. C’eût
été dommage, car c’est un bel objet sonore et visuel, porté par des voix aussi
marquantes que celles de Jean -Louis Trintignant, Anouk Grinbert et Juliette
Gréco, une bonne entrée en matière dans le monde théorique et artistique de
Guibert. J’ai lu sur le forum que quelques auditeurs sagaces avaient repéré le
thème de « Décrocher les trains », un incunable sorti sur « Les
sons cardinaux » : ils ont le droit de revenir en deuxième semaine,
c’est bien une adaptation de ce thème qui fait office de leitmotiv sonore du
livre-disque. Voilà, c’était un petit mot à propos d’un projet à la sortie un
peu trop discrète et sur lequel je vous invite tout simplement à aller jeter
une oreille.
Au titre
des collaborations, maintenant, en juin prochain sortira sur le label Nacopajaz
(producteur par ailleurs de Mai, projet pop rock de très bonne facture) le
second opus de Fedaden, « Broader », sous pochette d’obédience 4AD /
Creation. Et c’est vachement bien, voilà, c’est dit : une electronica
riche et inspirée, qui m’évoque par moments le travail de Colleen dans les
sonorités, œuvre d’un toulousain, que je n’ai jamais rencontré, merveille
d’époque d’échange de fichiers oblige, et pour lequel j’ai chanté sur un titre,
« Danseur inutile ». Je suis très heureux de cette collaboration,
mais pour être honnête, je me demande dans quelle mesure cette musique gagne à
faire appel à une/des voix. Elle parle tout autant, voire mieux, sans. En tout
cas, le résultat est emballant.
Jack The
Ripper n’a provisoirement plus de chanteur attitré, du coup, le reste du groupe
a initié le projet Fitzcarraldo , sur lequel des chanteurs aussi précieux que
Syd Matters ou Stuart Staples (Tindersticks), entre autres, officient. J’ai eu
pour ma part le plaisir de travailler sur deux chansons, que je chanterai avec
le groupe aux Eurockéennes et aux Francofolies de La Rochelle en juillet prochain.
C’est enregistré par Stéphane Kramer, et mixé par Ian Caple, ça sort à la
rentrée prochaine, et ce que j’en ai entendu m’a mis en joie.
Le groupe
nantais Smooth m’a convié à chanter en anglais (« Maurice Chevalier :
le retour ») sur un titre électro soul, « I know », qui est une
vraie bombe. Je ne sais pas quand ça sort, et à quoi ressemblera l’album, mais
si c’est du même acabit… Je sais, tout ça suinte l’autopromotion à plein nez,
mais comment cacher sa joie d’être associé à des projets aussi bien menés ?
Comme je ne
cacherai pas ma joie, le mot leitmotiv de ce billet décidément, de voir le
disque de Calogero faire carton plein, et pas uniquement, je vous entends
penser d’ici, pour des raisons pécuniaires. Son disque est une réussite, certaines
mélodies sont superbes, avec çà et là des suites d’accords baroques que ne
renieraient pas, à vos marques pour faire crépiter les claviers, Neil Hannon ou
Blonde Redhead. J’invite les sceptiques et rigolards à écouter notamment le
morceau d’ouverture, « La fin de la fin du monde » (je l’avais
prévenu pour « La fin d’un monde », il s’en foutait…), et « Tu
es fait pour voler », au texte écrit par Dick Annegarn, et on en reparle.
En juin, au
rayon chanson pop(ulaire) sortira également le disque de Michel Delpech , pour
lequel j’ai écrit un titre : pas encore écouté l’album, mais j’ai hâte,
d’autant qu’il est produit par Jean-Philippe Verdin (Readymade F.C., Daphné…).
A ceux qui se diraient que le temps de « Remué » est bien loin, je
répondrais d’une part que c’est vrai, heureusement, et d’autre part qu’en 1992,
je chantais sur scène, « A côté de chez Swann » de Dave et
« L’amour ça fait passer le temps » de Marcel Amont, en 1993 « Chiqué
Chiqué » de Christophe (en un temps où il était loin d’être devenu l’icône
qu’il est aujourd’hui), et en 2001 « Les enfants du Pirée ». Entre
autres. Le goût du grand écart, c’est pour longtemps.
Quelques
mots du prix des places à Paris, parce que j’ai vu que ça vous rendait chagrins .
Je suis d’accord avec vous : plus de 35 euros pour un concert, c’est une
somme. Pas hors de proportion par rapport à la moyenne, plutôt même en dessous,
mais voilà, en soi, c’est une somme. J’ai évoqué la question avec mon tourneur,
Auguri Productions, et nous nous sommes entendus pour que la barre symbolique
des 40 euros ne soit pas franchie, à l’Athénée en juin, et notamment pour le concert au Casino de Paris de
Novembre, en groupe. Du coup, pour ne pas faire de concert à perte, nous avons
du passer au Casino d’un concert assis (parce que c’était une demande de ma
part, que voulez vous, je me ramollis), à un concert assis/debout, pour que
plus de gens puissent venir, et diminuer ainsi le prix des places. Sans rentrer
dans le détail budgétaire, ceci pour vous dire : nous ne profitons pas des
concerts pour nous en mettre plein les fouilles, ni moi, ni mon tourneur, ni à
Paris, ni ailleurs. Entre la location de la salle, le coût technique sur place,
les salaires de toute l’équipe, à la production, sur et autour du plateau, il y
a des coûts à un moment donné incompressibles dans des lieux à la capacité
d’accueil limitée (pas de Zénith ni de Bercy en vue), et pour parvenir à un
équilibre, il faut que la place soit vendue à un certain prix. Personnellement,
ça fait belle lurette que je ne vis plus essentiellement des concerts, mais des
droits d’auteur (ce qui est un luxe, j’en ai bien conscience) et en
tournée, mon salaire est égal à celui de mes camarades, musiciens et
techniciens. Ceci non pour vous faire vous ébaudir devant ma probité, mais simplement
vous assurer que personne au bout du compte ne paye ses vacances aux Maldives
sur votre dos. On cherche juste un certain équilibre, qui permette au concert
de se faire et à tous ceux qui travaillent dessus d’avoir une rétribution
correcte.
Voilà, à
mon prochain billet, je vous toucherai deux mots des choses qui se préparent,
notamment du lancement de la tournée en groupe en septembre à La Ferme du
Buisson , à Marne la Vallée, le 12 septembre pour être précis, l’occasion d’une
carte blanche avec plein d’invités. D’ici là, un Ep 4 titres inédits devrait
également sortir, je planche présentement dessus et Dom Brusson posera ses
doigts de fée sur les mixes le mois prochain.
Un dernier
mot pour vous remercier du très bel accueil fait à mon dernier opus, jamais connu
ça à ce point là, et même un cœur de pierre comme moi l’a senti passer. Ça
donne des ailes, croyez moi.
Bises à
tous,
Dominique.
|