Concerts

Newsletter CCV

 



Retour à la pop, avec la déception de rentrée : le nouveau Laura Veirs, « Year of meteors », contre lequel je bute. J'y sens, mal assumée, la tentative d'aller vers les radios, sur la pointe des pieds (ces petits « na na na » vilains sur « Galaxies » seraient censés ouvrir la porte des ondes ?). La musique s'est un peu durcie, mais a paradoxalement perdu de son mordant, et celui qui dit Suzanne Vega a gagné. Rien de honteux, juste le sentiment d'un pas de côté, mais peut être suis trop inconstant dans mes engouements, c'est possible.
Plus réjouissant, l'album des français Hitchcock Go Home !, «…Yes, you're dead ! », grand prix des points d'exclamation ; des points d'exclamation bien placés, c'est pas tous les jours, en général, ils sont plutôt lourdingues, vous donnent de grands coups de coude complices. Mais là n'est évidemment pas le propos : disque d'americana vu d'ici, genre de post-rock country, banjo et violon en bandoulière, qui s'ouvre sur un « Blank » notable, à écouter en priorité, et qui se poursuit en mineur, sans rechigner de temps à autre à pousser l'aiguille dans le rouge. C'est bien. Il y a vingt ans, ces jeunes gens auraient fait de la musique avec des pédales flangers, parole de vieux con qui n'a pas attendu d'être vieux, et ç'aurait été très bien aussi. C'est le petit et avisé label Drunk Dog, qui chaperonne un autre groupe français à suivre, Porcelain, qui a sorti ce disque, dont il existe une superbe édition limitée en forme de boîtier en tissu .

Laura Veirs

 

HitchcockGoHome!


A ce propos, savez-vous pourquoi les labels indépendants, pourtant censés être moins fortunés et dispendieux, sortent souvent de bien plus beaux objets discographiques que les majors, censés avoir leurs caisses bien nourries ? Tout simplement parce que ces dernières ont souvent des chartes graphiques et de fabrication extrêmement strictes, du type boîtier plastique et 8 pages de livret, en dehors desquelles le surcoût de fabrication est essentiellement pris en charge par les artistes, qui voient ainsi fondre leurs maigres royautés (en pourcentage, 8 à 12% du prix de vente au magasin) comme neige au soleil. Fin de la parenthèse qui a bien dû intéresser deux personnes.


Le roi cassé

 

Interview de Riad Satouff

A noter, au rayon bande dessinée, où ça se bouscule bien sûr aussi méchamment au portillon en cette rentrée, deux belles livraisons chez de gros éditeurs. Tout d'abord, « Le roi cassé » de Dumontheuil (Casterman), abracadabrantesque histoire du malheureux dernier mort de 14-18, auquel la Mort donne un sursis et transforme en vivant héros national, en reprenant le cours du temps et en reprogrammant publiquement son décès comme signal de la fin des hostilités (me suivez-vous ? j'en doute…), transformant ce qui lui reste de vie en cauchemar ; fable surréaliste riche en rebondissements, servie par un graphisme qui peut faire penser çà et là à Forton, le créateur des Pieds Nickelés, en moins naïf . Deuxièmement, le « Retour au collège » de l'inénarrable Riad Satouff (Hachette), authentique projet presque anthropologique, où l'auteur, traumatisé par ses années au collège en ZEP, décide néanmoins de revenir sur les traces de son adolescence en infiltrant une classe de 3 ème , mais dans un établissement de gosses de riches ; d'où il ressortira que les comportements des jeunes ne diffèrent guère d'un milieu social à un autre. C'est à se tordre, d'autant que le don d'observation très développé de Satouff ne le fait jamais verser dans le cynisme; au contraire, on sent un attachement assez fort à cette bande de petits merdeux et leurs problèmes de zigounipiloupilage (pour paraphraser Desproges), que l'auteur compare volontiers aux siens au même âge, ces jeunots qui ne se ménagent pas entre eux, mais ont bien entendu des failles touchantes, qu'il pointe avec tact.


Pour clore ce petit panorama, quelques nouvelles de mon auguste personne ; j'enregistre présentement un nouveau disque, en compagnie de Dominique Brusson, déjà co-responsable de « Remué », et de mes derniers camarades de tournée, plus Sacha Toorop et Olivier Mellano : en « famille » donc, sur le mode « resserrons les rangs ». Le disque s'intitulera vraisemblablement « L'horizon », titre du morceau d'ouverture, comportera 10 à 11 titres et devrait, si tout va bien, sortir l'hiver prochain. Et, désolé de couper court à une rumeur aussi inattendue que réjouissante, mais pas de trace de duo avec Jane et Angunn à … l'horizon ha ha ha.

 

Bonne nuit, les amis.

 

RT @sochaux_lapin: Billets déjà pris pour 2018 : A pour Dominique A, B pour @bellesglasgow et @phoebe_bridgers 😀 https://t.co/UdScfgKvaU
RT @BELMONTBOOKINGS: On April 15th @MrAdrianCrowley is opening a special sold out show of Dominique A. @CCertainsVivent at magnifique Cité…
Vivement Dimanche
© 2017 - Comment Certains Vivent