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Sur le vif #05

Aujourd’hui, comme hier, j’ai serré la main à Dick Rivers. C’était dans un studio, je ne m’y attendais pas la première fois, j’ai pivoté à 90 ° en entendant une voix familière sur ma droite et me suis retrouvé face à lui ; il m’a tendu la main, j’ai dit « Dominique », il m’a répondu « Bonjour, Dominique ». Aujourd’hui, l’émotion était moins forte, l’habitude déjà, mais plus douce ; je lui ai trouvé un air avenant, un sourire gentiment déconneur. Quelqu’un m’a présenté à lui sous mon nom de vedette, ça l’a surpris, il a dit, d’un ton légèrement sentencieux, une chose du genre « Ah, celui dont toute la nouvelle chanson française se réclame… », sans plus me regarder et après deux trois civilités, s’en est retourné œuvrer dans son box. Dans la pièce, il y avait Alain Bashung aussi, j’étais entre eux deux, et je me suis dit que la prochaine fois qu’on me demanderait « où je me situe dans la scène française », je répondrai ça : entre Dick et Alain.

Damon et Naomi

Une semaine auparavant, j’avais revu à Paris les adorables Damon et Naomi, ça faisait quatre ou cinq ans déjà, depuis le concert commun que nous avions donnés à Nantes, dans le cadre d’un festival nanto-newyorkais (bien qu’ils viennent de Boston). Ils m’ont offert une étrange machine chinoise avec 9 loops préenregistrées très étranges, dont l’une ou l’autre ferait une très belle ouverture de concert, et leur dernier opus en date « The earth is blue », enregistré avec le guitariste de cet incroyable groupe hippie nippon, Ghost (dont les disques de drogués sont diffusés en Occident par Drag City) ; c’est un très beau disque, qui gravite encore une fois dans les eaux d’un psychédélisme folk sous obédience Velvet, mais avec une fraîcheur mélodique et une vitalité retrouvées, renvoyant aux riches heures de leur premier album du début des années 90.


Autre bel et bon cadeau : quelqu’un de chez Saravah, l’historique label de Pierre Barouh, toujours en activité et toujours vert, toujours à l’écoute de ce que font les jeunes chansonniers de ce pays, m’a remis le dernier album de Le Coq, un nantais d’adoption. Il y a bien longtemps de ça, une bonne quinzaine d’années, purée, ce jeune homme chantait dans un trio vannetais du nom de Mauvais Sang, assez influencé par R.E.M., si je ne m’abuse( et où officiait également Hervé le Dorlot, qui jouerait après avec, le monde n’est pas bien grand, Bertrand Betsch). On s’était rencontrés à un concert organisé par des vendéens au pied du château de Gilles de Rais alias Barbe Rouge, concert où Philippe Katerine, que je rencontrais également ce soir là, servait des bières derrière le bar. Ils avaient bien aimé mon concert, et m‘avaient aimablement invités à faire leur première partie à Vannes, où ils jouissaient d’une petite notoriété. C’était dans un gymnase, entrée gratuite, un samedi soir face à 500 bretons en passe d’être bourrés, une dizaine de jours avant la sortie de « La fossette » ; dans mon souvenir, ça avait tenu du bras de fer, on m’en parle encore de temps à autre quand je vais par là bas. Toujours est il, pour en revenir à Le Coq, qu’après la séparation de son combo, il s’est mis « à son compte », accompagné notamment de Luc Rambo, un ancien compagnon de route, et jusqu’alors sa production m’avait laissé relativement froid, mais qu’il est bon de se laisser surprendre. Sa « Tête de gondole » s’ouvre avec un instrumental qui lorgne du côté de chez David Grubbs et Jim O’Rourke, et se poursuit avec de bonnes chansons habilement mises en son, par un gars de Man, notamment, avec un souci du détail permanent, des arrangements qui tire les compos de l’ornière nouvelle chanson française sans renoncer à une certaine concision. Une petite voie originale qui se dessine en France, pas si fréquent. Il est loin, le temps du gymnase vannetais…

Le Coq

 

 

 

 

 

 

 


Des disques et des disques à la pelle, du fric dilapidé, pauvre con que je suis, alors qu’aujourd’hui tout est gratuit, hormis l’abonnement à internet (pas folles, les guêpes) …

Edith Frost

Cat Power

Bonapartes



 


Parmi ceux que je n’aurais pas regretté d’avoir téléchargé : « Les nuits » des Nits, très beau, dans cette veine intimiste qui leur va mieux que leur veine Joe Jacksonnienne ; le Paul Mc Cartney, si avisé d’avoir enjoint Nigel à lui botter le cul ; le Strokes, pour les deux premiers morceaux, superbement chantés et flinguants, après, on peut dormir (curieux quand même, en passant, comme ce rock là, ces poses, ces riffs, des Strokes à Phoenix, est devenu l’apanage de gosses de rupins); le Edith Frost, « It’s a game », pochette hideuse pour folk de rêve, égale à elle-même, Edith, rien de neuf, le même beau timbre de voix attachant, la même clique de Chicago (Rian Murphy et consorts) collée à ses basques, toujours chez Drag City, et ce genre d’immobilisme fait parfois du bien ; Cat Power, pour une chanson, une, une balade renversante , « Where is my love », l’album, je ne sais pas, mais cette chanson là, brrr, c’est la chair de cocotte assurée; la réédition à la non demande générale des coldos français Bonapartes, dont les deux albums ici compilés, datés de 1984,85, ravivent le souvenir des premiers Killing Joke, genre qui bastonne dans la flanger, ça tient presque du pompage éhonté, mais ça n’est pas désagréable ; ils ont réédité, dans la même bande parigot glaçon , Baroque Bordello, que Lol Tholurst, alors batteur de Cure période âge d’or, chaperonna et là, ouille, ça sonne un peu douloureux, quelque chose, si vous pouvez imaginer ça, comme du pré Desireless, mais appelez ça de la nostalgie si vous voulez mais je m’y retrouve, et c’est injustifiable, j’en ai bien conscience ; le dernier The Fall, « Falls head roll », excellent, bien virulent, avec son ska absurde et son synthé casimir en ouverture, comme quoi ça conserve son homme d’être un gros con francophobe (on lui donne du grain à moudre par chez nous ces temps ci, cela dit) ; la réédition des « plus belles chansons » comme on dit d’Anne Vanderlove, dont la voix vibrante figure sur « La mort d’Orion » de Manset, et dont la petite histoire de la chanson française s’évertue à ne retenir que sa « Ballade en Novembre », et c’est un peu injuste, il y en a d’autres, comme un bel écho de celles de Barbara.

Baroque DordelloThe FallAnnie Vanderlove 

J’aurais hésité à télécharger les nouvelles sensations, Architecture in Helsinki et Clap Your Hands Say Yeah, parce qu’il ne faudrait tout de même pas prendre des vessies pour Arcade Fire (je subodore qu’en lisant ça Yvan de CCV va être pris d’une furieuse envie de m’étrangler) : il y a de bons morceaux, oui, et un son, dans un cas comme dans l’autre, ce qui devrait suffire, mais tous ces jeunes gens font à mon goût un peu trop souvent mine de jouer à côté de leurs pompes : le syndrome du cool qui m’a toujours empêché d’aimer SINCEREMENT Pavement. Je sais, je ne suis pas fun.

Architecture in Helsinki

Clap your hands say yeah


Enfin, je n’aurais pas téléchargé, même sous la menace, The National, qui me rappelle d’un peu trop près les Psychedelic Furs, et j’en connais à qui je n’ai jamais pardonné de s’être gaussés d’Ultravox et qui encensaient ce groupe new wave scoubidou qu’étaient les Psychedelic Furs ; et encore moins Arctic Monkeys, parce que les conneries, le jeunisme et le punk pop à papa, ça suffit.
A part ça, quand le moment viendra, je vous parlerai d’Arman Méliès, son disque à venir est splendide.

Dark Victory

La nuit tombe, c’est l’heure de lire Batman ; le « Dark Victory » de Jeph Loeb et Tim Sale précisément, incroyablement stylisé graphiquement, avec de grands à plats d’encre noire, au scénario elliptique et palpitant. Batman y est plus gothique et épique que jamais.



Bonne nuit, pleine de chauve souris.

 

RT @sochaux_lapin: Billets déjà pris pour 2018 : A pour Dominique A, B pour @bellesglasgow et @phoebe_bridgers 😀 https://t.co/UdScfgKvaU
RT @BELMONTBOOKINGS: On April 15th @MrAdrianCrowley is opening a special sold out show of Dominique A. @CCertainsVivent at magnifique Cité…
Vivement Dimanche
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