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>> 14-09-2005 :
Sur le vif #2
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Le carnet de Dominique A -
Sur le vif
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Evidemment, profusion de disques en cette rentrée, en ce beau mois
de septembre, tant aimé depuis que j'ai refermé derrière moi la porte
de l'école, de toutes les écoles.
En tête de gondole, l'acclamé « Floor Show » de Baxter Dury,
fils de, enfin un rejeton qui ne nous les brise pas, et ne venez pas me
parler de Jeff Buckley, ça va m'énerver, Baxter Dury donc, pour ces
morceaux d'une évidence biblique (il affirme avoir horreur des musiques
compliquées), avec un son, mes amis, un son…Bien dense, sec à l'avant,
bien réverbéré derrière, ça grouille à l'arrière plan, avec des
guitares garage, comme l'écho de morceaux sixties passé au filtre de My
Bloody Valentine, de simples mais roboratives rythmiques, et une bonne
voix de Droopy cockney. A écouter en priorité : « Cocaine man » et
« Waiting for surprises ».
La française Colleen
a sorti son deuxième L.P. sur le label électro anglais Leaf, « The
golden morning breaks », qui a récolté une moisson d'épithètes
louangeuses lui aussi, méritées. C'est un rêve éveillé, un conte sonore
où des enfants caressent la tête des licornes (cf pochette), et qui
pourrait faire penser aux vignettes oniriques de Mum, mais dieu merci,
Colleen ne chante pas. Très beau, n'hésitez pas, tendez l'oreille .
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Entrons une seconde maintenant dans le Saint des Saints, prosternons nous un instant : Sufjan Stevens a, avec son « Come on, feel the Illinoise », réussi à surpasser son « Michigan » d'anthologie. Plus haut, plus fort, feux d'artifices à volonté, le tout délivré avec une simplicité confondante, et pour ne pas qu'ils s'annulent entre eux, nous allons ranger la caisse à superlatifs. J'ai vu une photo de lui où il faisait son malin pince sans rire , avec son tee-shirt Illinois, entouré de ses sufjanettes, vêtues comme lui, dents blanches en avant, ça m'a agacé, cette coquetterie à vouloir paraître cool ; quand on écrit de tels morceaux, on est le roi du pétrôle, on ne rentre pas dans la cour du « rock des copains », véritable plaie du monde sclérosé de l'indie pop, où rien n'importe tant que d'avoir l'air de ne pas se la jouer, et du coup on se retrouve à se la jouer en feignant de ne pas le faire. Discours de vieux corbeau psycho rigide, je sais, mais que je m'en voudrais de ne pas tenir. Cela étant, très haute couture quand même.
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Une fois n'est pas coutume, je vais vous causer de reggae ; j'en écoutais un peu avant (Desmond Dekker, Augustus Pablo, The Congos…), je n'en écoute plus guère, mais la récente compilation Studio One Lovers, sur l'excellent label londonien Soul jazz Records, spécialiste de l'exhumation, me donne envie d'y revenir. Cette compilation rassemble des petites perles mélodiques de reggae sentimental, 2''3O chacune montre en main, des chansons de crooners jamaïcains mâtinées de soul (à l'exemple d'Alton Ellis, dont j'avais entendu jadis une excellente reprise du « Whiter shade of pale », le standard de Procol Harum), principalement enregistrées à la fin des années soixante, leur son chaud, régulièrement saturé, contribuant grandement à leur pouvoir de séduction.
A noter sur Soul Jazz également un disque presque ethnologique, dans la lignée des fameuses Explorer Series du label Nonesuch, « Spirits of life : Haïtian Vodou » ; y sont captés les chants d'une cérémonie vaudou, évidemment très percussive et hautement énergétique, et expurgée de tout le côté grand guignol de série oméga généralement accolée à cette religion, la replaçant dans son contexte de pratique quotidienne. Seule la pochette, une magnifique photo de deux adolescents en sueur et ornés de masques cornés, joue la carte du décorum magique et inquiétant.
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